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Au jardin

Cette rubrique regroupe les articles sur le quotidien au jardin, descriptions des travaux, questionnements et défis techniques mais aussi toutes les démarches liées à l’installation.

Imbolc

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Sous la neige, le printemps arrive…

dimanche 4 février

Abrutie par un bon rhume, définitivement découragée par une déprimante pluie fine et le vent du nord qui tourne autour de la maison, je suis finalement pas mécontente de n’avoir pas réussi à recruter une équipe de choc pour le tunnel 3. Le chat sur les genoux, je m’attaque au bilan de culture que je décide de disséminer dans mes prochains articles.

L’année 2017 a été globalement une bonne année. Printemps exceptionnellement sec et chaud, été moyen sans pluie, automne puis hiver très doux… La pluie tombe enfin depuis quelques semaines mais est loin de remplir les nappes et les puits par ici. Mon beau-père qui mesure les niveaux d’eau de son secteur me l’a confirmé – l’eau n’est plus stockée et « s’en va directement à Saint-Nazaire ». En cause la modification du paysage agricole traditionnel (lits de rivière modifiés, disparition des zones inondables…) et en particulier cet insensé recours au drainage même en sols sableux : l’eau n’est plus retenue dans les nappes et file directement dans les fossés pour permettre à l’agriculteur d’entrer dans son champ à n’importe quel moment avec son gros tracteur.

Sur ma parcelle sableuse, tout est imbibé d’eau, les limaces se prélassent, les engrais verts se sont bien installés. Au printemps 2017, alors que mon système d’irrigation n’était pas installé, ce fut une autre histoire :pdt paille

  • BILAN DE CULTURE les pommes de terre. 4 variétés, 100 kg de plants sur une parcelle qui a reçu du fumier de bovin (non bio) en janvier. J’ai commencé par la Margod, très précoce, productive et rustique. Le 11 avril, sur une planche de 50x1m désherbée au pousse-pousse, j’ai posé les tubercules à même le sol tous les 30 cm environ sur 2 rangs. Puis j’ai déroulé une balle de paille: il me faut la reprendre pour répartir correctement sur toute la longueur. C’est finalement assez long. Je ferai de même pour la Désirée le 8 mai. Puis le 20 mai, grâce à un voisin, nous plantons la Mayflower et la Ditta sur 5 planches à la planteuse, à fleur de terre. Paillage. J’enlève des épaisseurs sur les Margod qui n’ont toujours pas levé : le paillage sur un sol sec, pas de pluie et pas encore d’irrigation, les tubercules n’ont pas bougé ! Enfin, mon irrigation est finie et je peux arroser abondamment pour que cela traverse la paille. Je n’aurai jamais le temps de remettre la paille pour être sûre que les tubercules ne voient pas la lumière : en fin de culture, quand les parties aériennes faneront, les plants du dessus verdiront un peu. Qu’importe, le rendement est là (malgré le passage des sangliers évoqués dans un précédent article, et les nombreuses heures à récolter les doryphores cet été), 10kg au moins par plant et un calibre certain. C’est une année à racines… Elles se conservent bien. Je n’ai pas de problème de stock pour mes ventes. Pour cette nouvelle saison, j’ai lancé une planche de Margod en primeur sous tunnel (ce ne sera sans doute pas suffisant), j’augmente un peu la quantité de plants en plein champ, je planterai sur un sol humide avec la même méthode de paillage sur toute la surface, passe-pieds compris pour éviter le désherbage souvent à la main…

    Dimanche 11 février

Autrefois, dans ma précédente vie, les mois de janvier, février et mars me semblaient un interminable couloir d’une seule et même journée froide et déprimante. Depuis que je travaille dehors au rythme des saisons, je sens bien le changement qui s’opère début février, quand les jours rallongent, et que malgré la neige, la pluie ou le gel, malgré des journées sinistres, le renouveau est là avec les tout premiers bourgeons, le soleil qui chauffe sous les tunnels. On fêtait Imbolc chez les Celtes le 1er février, nous fêtons la Chandeleur le 2, reprenant à notre compte chrétien la tradition des galettes symboles du soleil et de la lumière qui revient. Une journée ensoleillée amène une énergie nouvelle et l’envie d’en découdre. Tout ne coule pas de source bien sûr : les premiers semis d’aubergines, poivrons, basilic ne sont pas un grand succès, mauvaise gestion du terreau trop compact et séchant. J’espère que les suivants seront mieux. Certains jours, c’est la fatigue qui prédomine, l’angoisse de ne pas réussir à tout faire : en février et mars,  le semis des fèves et des pois, la plantation d’oignons, d’échalotes, de plants de betteraves, fenouils, de choux, de salades récupérés auprès d’un maraîcher voisin qui arrête son activité, le chantier du tunnel 3 qui doit accueillir les légumes d’été. Viendront les pommes de terre, les semis de carottes, les poireaux… Et régulièrement, les salades et les radis. Honnêtement, je ne me sens pas capable de réaliser ça toute seule sans un nombre d’heures de travail dangereux pour mon équilibre et ma vie de famille. Et je ne parle pas de la commercialisation, 50% du temps.

Je vous quitte avec quelques photos de la neige et un court diaporama du mois de janvier. Topette !

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Bilan de campagne

Il est l’heure du bilan de cette première année.

Dehors, le vent et la pluie font rage. Décembre et janvier parcourent l’alphabet au gré des tempêtes : Ana, Bruno, Carmen et Eléanor ont visité le jardin avec leurs gros sabots (Dylan, lui, s’est cantonné aux îles britanniques)… Courber l’échine et attendre que ça passe bien au chaud dans notre moulin dans lequel nous avons emménagé il y a exactement un an après 6 mois de travaux. La grosse chaudière à bois déchiqueté (qui chauffe plusieurs bâtiments avec le bois d’ici) fonctionne à merveille (grâce à la vigilance quotidienne de mon beau-père), elle chauffe même l’eau sanitaire grâce à un serpentin dans le chauffe-eau. Le dernier chantier d’isolation à la ouate de cellulose est fini : onéreux mais plus écologique, plus efficace bien plus longtemps que cette cochonnerie de laine de verre. La chambre d’amis n’est plus un frigo, vous pouvez venir ! Et la dernière pièce de la maison est finie : les toilettes sèches dont je ne suis pas peu fière. Il ne me reste plus qu’à mettre en place la taxe dans les toilettes à eau pour toute personne qui préférera dépenser 6l d’eau potable plutôt qu’une demi-louche de sciure pour gérer ses besoins…

Mon contrat avec la CIAP, coopérative d’installation en agriculture paysanne a touché à sa fin le 31 décembre. Son équipe – Arnaud puis Maëlys, Simon, Muriel et les autres- m’accompagne depuis mon arrivée en Anjou. D’abord par le portage d’activité : j’ai pu, par le truchement de la CIAP, lancé mon activité (investissements et ventes) sans création d’entreprise et tout en touchant mes indemnités chômage, sur l’espace-test à Durtal (et me permettre de vendre des légumes à la Biocoop de la Flèche) puis dans mon jardin de la Virevolte à Longué. Pour installer mon outil de production : tunnels, matériel d’irrigation, la CIAP m’a accordé un prêt court terme. A la fin, je dois racheter mes investissements défalqués des amortissements. Une facture avec un pourcentage sur mon volume d’affaires et un coût de fonctionnement annuel me sera adressée courant janvier… Nous faisons également la différence entre les charges et les ventes : le résultat est positif et m’ a été reversé en salaire.

Inspecteur carotte et sergent betterave
Pour une pause pendant la lecture. Illustration de mon fils Ambroise, sa vision de la bio. Arrestation d’un bidon de pesticide par l’Inspecteur Carotte !

La CIAP c’est aussi le « stage paysan créatif » : un an pour se former en sessions mensuelles collectives, pour travailler sur son projet, construire son réseau local, en stage chez des maraîchers référents. Céline à la Ferme des Hauts Champs, Denis et Vincent au GAEC des Goganes ont été une aide précieuse et le sont toujours : je sais que je peux les appeler quand j’ai une question sur la production, la commercialisation ou autre. C’est très rassurant. Et ce sont de belles rencontres. Dans ma commune, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer mon réseau professionnel et de clientèle, je dois être patiente. Deux autres maraîchers bio sont déjà installés ici, avec des structures plus importantes et plus anciennes que la mienne. Je ne cherche pas à me mesurer à eux, simplement à faire ma place, avec mes convictions (sol vivant, semences non hybrides, pas d’achat/revente – en tout cas pour l’instant) et mes contraintes (peu d’expérience, un seul « ETP ». Vous ne savez pas ce que c’est ? C’est du jargon de l’administration agricole : « équivalent temps plein ». Bref, c’est pour dire que je travaille seule)…

Sortir de la CIAP signifie aussi que j’ai fini le parcours du combattant entamé l’hiver dernier : le parcours d’installation de la Chambre d’agriculture pour réaliser mon PE, plan d’entreprise qui est soumis sous forme de document CERFA à la CDOA, commission départementale d’orientation de l’Agriculture. Un PE, c’est un plan de conduite d’entreprise qui montre qu’on peut se tirer un salaire décent (le SMIC) au bout de 4 ans. En récompense de ce document exemplaire, on vous verse la DJA, dotation jeune agriculteur. Pour cela, il faut avoir moins de 40 ans et une banque qui vous accompagne… Moi, j’ai droit à 25000€. Cool. J’attends toujours la réponse officielle mais cela ne m’a empêché de déposer ma demande de SIRET auprès du CFE (centre de formalité des entreprises). J’ai mon nom sur verif.com, la classe ! J’ai également obtenu « l’autorisation d’exploiter » nécessaire à tout agriculteur et attribué par des gens dans un bureau quelque part et totalement injoignables… De plus, comme j’ai rempli les conditions d’ancienne chômeuse et les bonnes cases pour le prouver, l’aide ACCRE m’a été accordée : l’exonération d’une partie des cotisations MSA la 1ère année. Cool. Qui reporte d’autant celles qui me sont accordées en tant que JA. Attention, je suis JA mais pas JA. Entendez, je suis paysanne de moins de 40 ans (pour encore quelques mois) mais je ne suis pas inscrite aux JA, le syndicat des Jeunes Agriculteurs affiliés à la FNSEA. Eux, ce sont les méchants qui veulent pas qu’on touche au glyphosate, qui disent qu’en France on fait de la nourriture de qualité (en étant le 2è Etat le plus consommateur de pesticides en Europe, cherchez l’erreur…). Certains d’entre eux, ce sont aussi les pauvres bougres qui gagnent moins de 350€/mois, écrasés par les dettes et par plus méchants qu’eux – leurs commanditaires, les banques, les techniciens etc.

Bref. Tout ne se passe pas au jardin. Une partie de l’énergie est mobilisée sur ces questions administratives. Parfois pour la bonne cause, parfois pour le maximum d’emmerdements.

Allez, voici quelques photos légendées de mon passage ce soir au rayon « bio » (guillemets obligatoires) de l’hypermarché de la commune qui soit dit en passant lance une grande consultation auprès de leurs clients pour améliorer leur service. La seule idée qui m’est venue en pensant au centre-ville tout proche sans vie : Fermez vos hangars moches, fichez vos caddies à la ferraille, faites sauter le bitume de vos parkings à la dynamite !

 

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Elle est pas bonne mon idée pour 2018 ? Rasons toutes les zones commerciales de France, youpi ! Et venez faire vos courses dans les fermes bio sans guillemets.

 

 

Topette !

 

L’ail et le piment au menu

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Les lumières et les couleurs d’automne me ravissent… Même les voiles et les bâches plastiques sont beaux sous la brume !

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Le mardi, c’est maintenant le jour de l’AMAP, avec priorité à la récolte. J’ai eu un peu de temps pour commencer à préparer la planche dans le tunnel 1 qui va recevoir les pommes de terre primeur (des Margod de ma récolte de cet été car très précoces).

WP_20171121_004Je dois enlever le liseron qui traîne par endroits, la paille restée sur la planche (après concombre), planter les pommes de terre plutôt serré (les mulots vont-ils en laisser ?), remettre la paille. Forte d’une belle équipe composée de moi-même, le désherbage des carottes primeur a commencé : du mouron surtout, des carottes, peu. Bon. Il faut quand même désherber. Bon. Quinze mètres en une matinée. Bon. Après ça ira plus vite, le faux-semis a été plus efficace. Et la levée a l’air mieux. Mmm, l’espoir fait bon vivre.

Pendant que je préparais les paniers cet après-midi, la « CDOA » se réunissait pour attribuer ou pas les aides Jeune Agriculteur aux candidats à l’installation. Mon dossier faisait partie de la pile. Verdict un jour… M’attend sur la table de la cuisine, un très mauvais endroit, le dossier à remplir pour créer mon entreprise. Ça se précise. De la paperasse à l’horizon.

Des chenilles ont mangé les plants de salade. Un soir, j’ai pu en prendre une sortie de sa cachette, en flag’. Elle a passé un sale moment. Semis très tardif recommencé et voilé + terre de Diatomée.

Le diagnostic se confirme : mildiou sur les épinards. J’ai testé le bicarbonate mais Patrick Goater de Purin et Cie me le déconseille : « il est fortement alcalin/oxydé et c’est le domaine de maladie des végétaux. Tu soigneras peut-être le mildiou pour un moment mais il reviendra en force. » J’ai donc utilisé la prêle récoltée en juin qui séchait à l’ombre et au sec sur la base de 250g/10L d’eau. Je vais refaire une application demain. Il aurait fallu que j’ajoute un peu de cuivre. Sinon, il existe une recette à base d’huile essentielle de clou de girofle et origan… Plus compliqué pour moi.

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Bientôt dans les paniers !

Dans les paniers de l’AMAP, on pouvait trouver ce soir : poireaux, carottes, chou frisé, patidou, salade, céleri-rave, radis violet d’Automne, ail, piment d’Espelette, bouquet d’aromatiques. Seul l’ail ne provient pas du jardin : un reste de mes semences bio.

Les rescapés de la semaine : le chou frisé (qui continue d’éclater…), les salades d’hiver qui ont eu bien froid ce week-end et qu’il a fallu que je récolte. Du côté des poireaux, toujours beaucoup d’épluchage : pour obtenir une caisse de poireaux, j’en remplis deux de feuilles attaquées par les larves…

Voici quelques informations à picorer pour cuisiner tous ces légumes bruts et plein de terre ! Tout d’abord, bien les brosser sous l’eau, les éplucher que si nécessaire. La peau concentre nombre des bienfaits du légume.

Avec les carottes et le chou : un « coleslaw » (en dégustation ce soir à la distribution !) :

Râpez quelques carottes, coupez le chou très fin (râpe côté lame de votre robot). Réalisez une mayonnaise, idéalement avec de la moutarde ancienne, de l’huile neutre mais BIO (première pression à froid etc. cf billet précédent), tournesol désodorisée chez moi avec un peu d’huile d’olive, un peu de sauce soja si vous avez, des graines de sésame toastées à la poêle nue. Si comme moi, vous avez raté votre mayonnaise, à la vinaigrette c’est très bon aussi.

Patidou : recette de Laurence, notre boulangère. Scalpez la bête, évidez les pépins que vous remplacez par un oeuf, un peu de crème fraîche, du fromage type roquefort et hop au four. Combien de temps ? Piquez la bête pour le savoir.

Pour tout savoir sur le piment, ça tombe bien : vous pouvez réécouter l’émission « On va déguster » de dimanche dernier sur ce sujet.

Le piment a poussé avec les autres poivrons sous serre : je les ai récoltés au fur et à mesure de leur maturité et les ai mis à sécher dans une caisse. Si j’en refais l’année prochaine, j’en cueillerai aussi en vert : qui voudra se lancer dans la réalisation de a « salsa verde » dont on trouve la recette sur la page ci-dessus ?

A savoir : plus on cuit le piment, plus il est fort. En ce qui me concerne, débutante en la matière, j’en mets quelques petits morceaux hachés (environ 1cm²) comme je peux dans mon plat (soupe, riz, viande) : pour l’instant aucun de mes enfants n’a crié au feu, je vais pouvoir augmenter les doses. Le piment bien sec se conserve très longtemps. Attention lorsqu’il est encore frais, une fois entamé, il risque de moisir.

Et pour l’ail, je me permets de copier un extrait de la dernière lettre écrite par Augustin de Livois pour l’Institut pour la Protection de la Santé naturelle :

« L’ail : tue les bactéries, les virus et les parasites, joue sur le confort digestif (activité prébiotique qui tue les bactéries intestinales pathogènes sans endommager la flore intestinale), fluidifie le sang et est indiqué en cas d’hypertension, pour prévenir les maladies cardiovasculaires et même pour les migraines.  

L’ail est un antibiotique naturel puissant. Les scientifiques expliquent que les qualités antibactériennes et antifongiques de l’ail viennent de l’allicine. Cette substance, composée de soufre, a donné son nom à la famille des plantes à laquelle l’ail appartient. Ce sont les alliacées. On y trouve également l’oignon et le poireau. L’allicine protège l’ail des insectes, des parasites et des champignons. C’est un mécanisme naturel de défense. 
L’ail présente un autre avantage. Bourrée d’antioxydants, c’est une plante de l’énergie. Elle revitalise le métabolisme grâce aux vitamines et aux minéraux qu’elle apporte. 

En effet, l’ail contient : 
des vitamines : A, B1, B2 et B6, de la vitamine C, des métaux utiles pour la santé (mais dangereux en excès) : du manganèse, du fer, du cuivre, du sélénium, des flavonoïdes, qui sont des antioxydants.  des tocophérols, ou vitamine E, qui sont aussi des antioxydants, des saponines qui renforcent le dispositif antibactérien et antifongique de la plante.

Pour profiter pleinement de l’effet antibiotique de l’ail, l’idéal est de le manger cru. Lorsque l’ail est pressé ou découpé, voire mâché par les dents, l’allicine est libéré. 
Si vous tenez absolument à faire cuire votre ail, privilégiez une cuisson à basse température et courte (15 minutes maximum). 
 Voici une recette à utiliser en cas de rhume ou d’infection ORL : 

Mélange d’ail, de miel et de jus de citron : 
Dans un verre d’eau, videz le jus d’un citron. Ajoutez, deux cuillères à café de miel et enfin votre gousse d’ail pressé. Recommencez toutes les 4 heures. »

Chiche ?

Et pour marier ail et piment ?

Crème d’ail au piment : 10 gousses d’ail et 1/4 de piment

Porter à ébullition les gousses d’ails (3 min), égoutter et recommencer l’opération à deux reprises.Dans une casserole avec 1 cuillère à soupe d’huile d’olive faire cuire (2min) l’ail, le piment. Rajouter 20 cl de crème fraîche et laisser cuire à feu doux (15min). Sortir du feu et mixer le tout.

Avec cette recette, fini les microbes !!

Je n’ai pas de photo du panier de la semaine. Voici celui de la semaine dernière!!WP_20171128_005

Les amapiens n’ont pas pu avoir encore d’épinards (malades) et de mâche (entre 2 séries). Plutôt que de couper la rosette entière, je ne cueille que les feuilles : moins de travail de préparation à la maison puisqu’il n’y a plus qu’à les laver et la possibilité de faire plusieurs coupes pour le maraîcher. Elle est pas belle, la vie ?

Pour finir, l’image de la semaine !

wp_20171204_001.jpg« Une carotte et ses petits ». Malgré son bras protecteur, maman carotte n’a pas empêché que les bébés se fassent croquer la tête par des mulots. La cruauté du monde sauvage.

 

 

 

 

 

 

 

 

Topette !

Fleur

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Bar à légumes et soupes au marché de l’Avent de Longué

Jeudi soir

Nous sommes jeudi soir et tant de choses se sont déjà passées cette semaine.

Elle a commencé dimanche à 16h. J’avais deux heures à tuer et je n’ai pas pu m’empêcher de me lancer dans un chantier qui m’en a pris cinq… J’avais récolté 6 gros choux frisés qui avaient éclaté (la douceur des températures n’arrêtant pas la végétation). M’inspirant de la méthode décrite sur les sites de mon-bio-jardin.com et de nicrunicuit.com, je me suis lancée dans la réalisation d’une « choucrute », de la choucroute crue. Le gros pot en grès qui servait de déco dans le jardin de ma belle-mère a retrouvé sa fonction première après un bon récurage (sans détergent agressif, cela va de soi, histoire de ne pas freiner la lacto-fermentation). Est-ce que cela va fonctionner ? Verdict dans quelques semaines. Ou quelques jours si ça tourne à la catastrophe !

Au bout de 3 jours, la première étape est validée : le chou rend de l’eau sous l’action du gros sel… A suivre.

Mardi, mon jardin connaît ses premiers frissons : -5°C durant la nuit ! La pompe enveloppée dans son voile d’hivernage tient le coup. C’est un coup mortel pour les tomates, poivrons, courgettes et physalis. Je vais pouvoir nettoyer mon premier tunnel. quelle belle lumière ! J’admire aussi mon semis d’engrais vert à la volée dans mes chemins : l’avoine verte lève bien drue. Le sorgho dans la grande parcelle a gelé et devrait laisser place à l’engrais vert suivant : avoine, féverole, vesce.

La pluie s’annonce mercredi, on ne la boude pas ! Bien à l’abri dans le tunnel 2, je fais un semis de radis roses et de carottes primeur avec le semoir 4 rangs Sembdner. Le réglage n’est pas très précis, j’ai utilisé de la « Touchon » qui est précoce mais pas spécialement réputée pour jours courts (en bio, on sème souvent l’hybride Napoli – je suis preneuse de suggestion de variétés non F1 de carottes primeur…) : si ça donne quelque chose, c’est vraiment la chance du débutant ! Je voile le tout et arrose. Combien d’heures de désherbage de mouron m’attendent ? J’ai enlevé à la fourche-bêche les racines plongeantes de liseron avec application et patience. Il me restera de la place pour les autres primeurs : oignons, betteraves, navets, salades… Pommes de terre et choux iront sans doute  faire un tour dans le tunnel 1 car je pourrai les planter même s’il reste de la paille après quelques petits mois d’occultation en hiver…WP_20171107_004

Je continue de planter des petites séries des salades d’abri : Fakto (laitue beurre), Solinice (feuille de chêne), Curtis (batavia) avec un peu de phosphate ferrique contre les limaces.  Je refais un semis de ces graines enrobées d’argile dans la serre à plants pour en avoir des précoces au printemps. Difficile encore de déterminer les quantités nécessaires. Je récolte mes premiers épinards qui ont bien l’air d’avoir le mildiou avec leurs petites tâches jaunes, traitement au bicarbonate en vue (je donnerai les dosages si ça réussit dans un prochain article), le mesclun (mizuna vert et rouge, jeunes blettes rouges, pousses de salades), de la mâche. Les panais et les céleris-raves sont plutôt beaux (j’en ai pas mal des petits aussi…), jolie surprise. Premières récoltes de scaroles et frisées blanchies selon des méthodes artisanales : ficelle ou double pot noir retourné… Enfin, de la feuille, de la vraie (la salade conventionnelle sous son air pur et innocent est l’un des légumes les plus traités – sans parler des méthodes de culture catastrophiques de la mâche nantaise).

Cette semaine, c’est aussi le coup d’envoi de la reprise de l’AMAP de Longué ! Le nombre d’adhérents ayant dégringolé, le précédent maraîcher a renoncé après quasiment 10 ans de bons et loyaux services. On repart avec quelques paniers et beaucoup de motivation. Première distribution le 14 novembre. J’espère que les Amapiens apprécieront mes légumes : la composition des paniers, les quantités… et que j’en aurai suffisamment pour tenir jusqu’au printemps ?! Tout est à organiser : trouver de nouveaux adhérents, de nouveaux producteurs car certains ont arrêté aussi. Cela demande du temps, du travail collectif, un beau défi.

Mercredi, j’envoie enfin mon étude de marché à la chambre d’agriculture pour finaliser mon dossier de demande de Dotation Jeune Agriculteur. Je devrai passer à la commission de décembre mais rien n’est moins sûr, les dossiers se bousculent à l’entrée. Cela ne m’empêchera pas de m’installer mais retardera le premier versement. Le plus important est acquis : l’accord de la banque. Il reste beaucoup de démarches administratives : création de l’entreprise, sortie de la CIAP et du portage d’activité… Mmmm, tout ce que j’aime.

Me voilà jeudi soir,après le marché du matin et la préparation des paniers pour demain. Nous rentrons de l’école avec les enfants qui me demandent une purée de pommes de terre pour le dîner. Qu’à cela ne tienne : je passe au hangar prendre quelques Désirée à chair tendre, attrape 3 petits panais. Le dîner est simplissime et on se régale. Pommes de terre+ panais cuits à l’eau avec du thym puis écrasés à la fourchette avec de l’huile de l’olive. Mesclun et graines germées, maquereau mixé avec des pois chiches, persil, huile d’olive, moutarde, curcuma pour y tremper des carottes « rouge-sang », tartines de pain maison (200g de levain, 380g d’eau, 600g de farine, sel, levée 5 heures au chaud, façonnage puis levée 1 heure dans 2 moules à cake et cuisson à 250° pendant 25 minutes et 200°C 15 minutes) beurre et rondelle de radis violet d’automne qui pique à peine (victoire !). Compote de pommes cuites à feu très doux 1/2 heure avec une infusion de romarin (le reste de ma théière!).

Que demander de plus ? Une bonne nuit !

 

Topette.

 

 

Du bon voisinage

Au programme, petit tour du jardin en images et rapide évocation des derniers travaux. Pour finir, quelques éléments sur les apports nutritionnels du poireau.

Nous connaissons un automne magnifique et terriblement sec. La pluie se fait attendre… La Loire n’est plus qu’un banc de sable, les nappes sont au plus bas. Il faudra un hiver et un printemps extrêmement pluvieux pour remplir les réserves.

 

Je récolte encore pas mal de tomates bien que les plants soient vraiment en bout de course. Elles n’ont évidemment pas le même goût que cet été, mais on peut encore encore profiter pour qui a le temps de faire des sauces maison.

 

Les animaux du jardin ont changé : plus de piérides (papillons blancs qui pondent leurs chenilles dans les choux), d’abeilles, d’araignées… Je croise ravissantes reinettes et crapauds débonnaires. Les loches débarquent : ces petites limaces voraces qui se sont jetées sur les salades plantées dans la paille. Je ne me passerai donc pas de « phosphate ferrique », un anti-limaces autorisé en bio si je veux pouvoir en vendre quelques-unes. Sur la toile tissée, mâche, épinards et mesclun s’en sortent mieux. Et beaucoup mieux que mes énormes et magnifiques choux frisés qui éclatent sous l’effet des clémentes températures. Ou mes poireaux dévorés par la mouche mineuse malgré le voile anti-insectes : une amélioration à prévoir pour la saison 2018 !

 

Mon voisin, un vrai soutien moral et technique, est venu semé les engrais verts de ma récolte 2017 : avoine, féverole, vesce dans la parcelle prévue pour 2018. Il a passé un outil à disques : je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure idée, étant donné la présence de chiendent qui se retrouve morcelé et repartira de plus belle. On verra… Nous avons décidé d’intégrer également une partie du sorgho de la grande parcelle de 3 ha et d’en garder l’autre partie, après semis d’engrais verts (au semoir à engrais) afin de comparer la levée de ces derniers. Dans la partie non détruite, il faudra que le gel détruise le sorgho (broyé une fois à la fin de l’été, avec pas mal de paille) pour que l’engrais vert suivant lève. A suivre…

Il aurait fallu que j’épande le fumier de cheval que je récupère chez un autre de mes sympathiques voisins avant le passage des disques mais malheureusement mon petit épandeur a lâché. Il a fallu changer les roulements à billes du rouleau : 293€TTC. Et le fumier sera épandu sans être intégré. J’ose espérer que les microrganismes sauront les ingérer – ce sera en tout cas plus long. C’est plus en adéquation avec l’idée de s’approcher au maximum du fonctionnement d’un sol de forêt : jamais la matière organique n’y est mélangée… Mon sol sableux et travaillé de manière conventionnelle jusqu’à l’année dernière aura-t-il assez de répondant ? Une solution sera de couvrir avec des bâches d’occultation une partie de la parcelle. Je vais récupérer des bâches d’ensilage lundi dans une ferme voisine.

Je pense que quelque soit l’endroit où l’on choisisse de s’installer, les rencontres et les ressources sont nombreuses si tant est que l’on n’a pas trop d’apriori, une envie de connaître ses voisins et de partager des chantiers ou un apéro… Je rencontre régulièrement des personnes qui m’encouragent et me soutiennent. Ce matin, sur mon petit marché du dimanche, je rencontre une nouvelle cliente qui m’annonce qu’elle est végétarienne, ravie de savoir qu’elle peut trouver des légumes non traités non loin de chez elle et qui connaît du monde qui sera intéressé. C’est long de se faire connaître, je n’ai pas le temps de beaucoup communiquer. Je multiplie les occasions de vente avec l’envie de m’intégrer dans ma commune avant de filer commercialiser à Saumur et à Angers. Mais concurrence des potagers, retraités frugaux… Ce n’est pas forcément facile – pourrais-je attendre ? Et cela sera-t-il suffisant : le 1er janvier, mon installation est officielle et il faudra produire et vendre bien plus.

 

 

Pour finir, petit coup de projecteur sur le poireau :

Personne n’aime le « ver » du poireau, pondu par une mouche de quelques millimètres qui laisse ses larves descendre, s’installer sur les feuilles pour un premier stade puis s’insinuer dans le blanc sous forme de « pupe ».
Mais que cela ne nous fasse pas pour autant bouder le « vert » du poireau que l’on a tendance à jeter. En effet, très riche en fibres, il peut ne pas convenir aux intestins fragiles. Les fibres présentes dans le blanc sont solubles et rendent ce dernier moelleux. Toutes ces fibres sont bonnes pour le transit.
La coloration des feuilles signale la teneur en vitamines (provitamine A, vitamine C). Pour les garder, il faut favoriser la cuisson vapeur, douce et pas trop longue.
En ce qui me concerne, si je ne l’ai pas gardé pour ma recette, je mets le vert qui reste dans la soupe…
Le poireau, c’est avant tout de l’eau et très peu de calories. Mais aussi, une variété de vitamines et de minéraux que notre organisme ne sait pas fabriquer et qu’il est nécessaire d’apporter par l’alimentation : de la vitamine C aux propriétés antixoydantes (système immunitaire, formation du collagène, énergie, système nerveux, fatigue, absorption du fer), de la vitamine K qui intervient dans la coagulation sanguine, vitamine B6 (énergie, système nerveux, synthèse de protéines, formation des globules rouges), de la vitamine B9 qui aide à lutter contre la fatigue (renouvellement cellulaire, très intéressant pour les femmes enceintes pour le développement du fœtus, et chez les enfants en croissance, ainsi que pour les personnes convalescentes), et aussi du potassium qui contribue favorablement à la régulation de la pression artérielle.

Le poireau se conserve bien et se cuisine simplement : cuit entier ou juste le blanc à la vapeur pour le manger avec un peu d’huile d’olive ou une vinaigrette. En fondue : coupé en petites rondelles et cuit très doucement avec un fond d’eau (le mieux : dans une petite casserole, recouverte d’une assiette qui appuie dessus- c’est l’eau du légume qui va permettre de le cuire sans rien perdre des nutriments). Cette fondue accompagne du riz par exemple ou finit dans une quiche. Et bien sûr, tout aussi classique, dans une soupe !

En passant, pour votre poireau-vinaigrette, je vous encourage vivement si ce n’est pas déjà fait à abandonner les huiles alimentaires industrielles au profit des huiles bio vierges pressées à froid. Le procédé par raffinage industriel est une calamité : « les fruits ou les graines sont pressées à haute température. Puis, on extrait l’huile par solvant. On chauffe le mélange. Le solvant s’évapore. L’huile obtenue est brune. Son odeur et son goût sont désagréables. Il faut donc la raffiner. Elle est alors, tour à tour, purifiée (ou démucilaginée), neutralisée, désacidifiée, décolorée et désodorisée. Joie ! On utilise pour ces opérations : de l’acide sulfurique, ou phosphorique, de la soude caustique et des charbons actifs ». (extrait lettre de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle).

Topette ! (« salut » en angevin)

Fleur

Le génie des plantes

Un mois déjà ! Et l’automne est là.

Epinards, mesclun, et mâche sont semés en plaque. Les épinards ne sont pas en forme, j’ai relancé un semis au cas où. Chicorées en tous genres sont plantées dehors : il me reste à en mettre sous tunnel… Mais ce dernier n’est toujours pas prêt ! Un grand pas a été franchi la semaine dernière avec l’enterrement du dernier tuyau qui devait l’être (avec une mini-pelle). Enfin. Il n’y a plus qu’à monter le peigne pour le goutte-à-goutte, enlever les bâches d’occultation, percer des trous dans la bâche tissée qui accueillera épinards et mâche. Salades et blettes seront dans la paille. Je laisserai une planche libre pour un premier semis de carottes en novembre et une ligne d’oignons nouveaux. Et la cerise sur le gâteau serait que j’arrive à installer de l’aspersion pour humidifier tout le sol du tunnel sec depuis des mois.

Dehors, je dois préparer la planche pour l’ail à planter en novembre : j’entends là mettre une bâche d’occultation (qui devrait y être depuis longtemps). Une des difficultés de ce métier est de jongler avec les saisons : celle qui est en cours qui demande entretien, désherbage, arrosage, récoltes; celle qui est à venir pour anticiper la préparation des planches toutes méthodes confondues (passer un outil, occulter, faire un faux semis, semer un engrais vert) et les semis et celle qui est passée – le moins drôle, c’est-à-dire enlever les restes de cultures et décider comment mettre ces espaces en attente (là encore, occultation, engrais verts etc.). Ainsi, je dois arracher les restes de culture de concombres et aubergines dévastées par les « araignées rouges » (acariens qui ont aimé l’ambiance sèche de mon tunnel), désherber les fraisiers surtout ceux sur paille gagnés par le liseron. Occulter les planches des pommes de terre récoltées (une tonne !) où toute la paille restante va nourrir les vers de terre : je décide donc de les laisser préparer le sol. Le principe de l’occultation est géniale mais difficile à mettre en oeuvre seule car les bâches d’ensilage récupérées sont grandes et lourdes. Si je les coupe, il faudra beaucoup plus de poids à porter (cailloux, parpaings, rondins…) pour les empêcher de s’envoler. Je dois aussi penser à l’année prochaine puisque je bascule dans la deuxième moitié de ma parcelle : mon voisin vient demain matin passer le cultivateur pour semer un engrais vert (avoine, féverole, vesce). Pendant que je prépare le tunnel n°2 pour les cultures d’hiver, j’essaie de mobiliser des équipes de « volonterres » pour monter la troisième.

 

J’ai fini de lire « La vie secrète des arbres » dont on a beaucoup parlé cette année : cette lecture (et d’autres) et ce que j’observe au quotidien confirme à mes yeux le génie des plantes. Des millions d’années d’évolution leur ont permis de mettre au point des stratégies de survie incroyables. Dépourvues de cerveau et de moyens de locomotion (bien qu’elles se déplacent par la reproduction en disséminant leurs graines…), elles n’en sont pas moins capables de communiquer entre elles par leurs racines et les fameuses mychoryzes qui se développent aux abords de ces dernières (et d’autres moyens). Ce qui me frappe, c’est que l’on parle souvent de l’état de nature pour évoquer un monde d’une lutte sans merci où le plus fort gagne toujours (chaîne alimentaire etc.). En réalité, les plantes, même si elles sont en concurrence pour l’eau, la lumière, les nutriments…, collaborent énormément entre elles : j’ai l’intuition que ce compagnonnage est plus important pour leur survie que la tentative de prendre le dessus sur les autres.

Mais la présence humaine de plus en plus envahissante fait disparaître peu à peu les derniers endroits sauvages et bouleverse ces équilibres. Ainsi de nouvelles épidémies, telles que la maladie de Lyme avec son lot de bactéries mutantes et hyper agressives pour nos systèmes immunitaires gravement déficients, voient le jour comme un signe que le monde sauvage se rebelle… Tant pis pour nous. Les plantes, elles, sauront toujours s’adapter malgré les rétrogrades Monsanto et cie qui continuent de balancer n’importe quoi dans les sols et les nappes phréatiques et manipulent le vivant. J’entends dire « les décroissants, ces fous dangereux qui veulent nous renvoyer au temps des cavernes ! ». Je rigole : le temps de l’hyperconsommation a disparu et fait déjà partie de temps obscurs. Dommage qu’il faille vivre tout cela par la catastrophe alors que nous aurions pu l’anticiper si nous avions fait preuve de mesure. « Que tu es négative! » me dira-t-on. Certes, je ne veux pas être dans un positivisme béat soufflé par un slogan de supermarché. Mais tous les jours, je me lève et j’agis, je travaille avec et pour le vivant, me réjouissant d’un ver de terre, un grillon, une grenouille, un chou-fleur naissant, pestant contre les doryphores et les acariens mais les acceptant aussi car mon jardin n’est pas sauvage et que la nature domestiquée se rebelle dès qu’elle peut. Néanmoins, elle est belle et m’apprend l’humilité.

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Qui se cache dans l’image ?

Revenons à des choses sérieuses avec une petite recette roborative bien que sans viande pour la rentrée des petits et des grands.

Recette : Chili con légumes d’été (tirée de « Savez-vous goûter..les légumes secs ? » de Bruno Couderc…)

Pour 6 personnes… ou plusieurs repas

450g de haricots rouges cuits (pour les Saumurois, retrouvez ceux du Gaec Pachamama à Dénezé en vrac dans les Biocoop du coin)

200g d’oignons, 2 à 3 poivrons, 3 grosses tomates fraîches, 2 à 3 aubergines, concentré de tomates (pour ma part, tomates mixées revenues et réduites avec du sucre), piment d’espelette (de mon jardin, bien sûr), épices (cumin, curcuma, aneth…)

Faire revenir 15 minutes les aubergines coupées en dés et couvertes avec huile d’olive et gros sel. Réserver. Dans un fait-tout, faire revenir oignons et poivrons coupés en lamelles dans de l’huile d’olive et gros sel. Couvrir 15 minutes. Ajouter les condiments, laisser 5 minutes puis incorporer les haricots. Laisser mijoter très doucement le plus longtemps possible : une demi-heure voire une heure puis encore une demi-heure avec les aubergines. Vous pouvez assaisonner avec un peu de sauce soja.

Accompagner de riz, par exemple.

Une petite photo de mes paniers de légumes pour vous souhaiter une bonne semaine !

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Ma livraison de paniers du vendredi !

A la mi-août

Voici mon jardin en images. J’ai du sang sur les mains, celui de centaines de doryphores écrasés quotidiennement sur les patates. Des heures à tirer sur le liseron, à désherber, à lutter contre les araignées rouges sur mes aubergines, à récolter les oignons, les haricots…

Parfois, j’ai du mal à être positive : le désherbage des carottes s’annonce interminable et me fait découvrir galeries de mulots et attaque de pucerons due au voile qui maintient une ambiance confinée. La solution est de découvrir et asperger, en espérant que la mouche de la carotte n’en profitera pas pour squatter ! Merci Céline pour tes conseils et Dominique grâce à qui les derniers rangs de carottes et de panais sont enfin « propres ». Et la venue de mon chat dans les parages me redonne définitivement espoir de récolter quelques carottes !

je prends aussi le temps d’admirer les petites bêtes : grenouilles, araignées, grillons, chenilles…

 

Dans votre panier, retrouvez en ce moment en plus des légumes d’été : de la salade, des haricots, des pommes de terre, chou-rave et betterave.
Les haricots sont à rame : vert, beurre, violet, plat. Proposés en mélange, ils se cuisent bien ensemble. Je cultive ces variétés pour diverses raisons : ma santé, je les cueille debout et non pliée en deux ; la vôtre car récoltés plus mûrs que les haricots verts extra fins, ils contiennent plus d’éléments nutritifs. Ils n’en sont pas moins tendres et sans fil, rassurez-vous ! Et ils se conservent mieux.

Comme l’été continue, voici 3 recettes :
Tartinade de courgettes (à déguster avec des bâtonnets de concombre) :
2 courgettes vertes, 1 jaune
2 oignons
1 gousse d’ail
sarriette
noisettes (ou autre)
Gingembre

Eplucher et couper oignons et ail. Les mettre en four 10 minutes avec un peu d’huile d’olive, la sarriette, les noisettes. Pendant ce temps, cuire les courgettes et le gingembre coupées en morceaux dans une poêle avec un peu d’huile d’olive.
Mixer le tout sans que cela soit trop lisse. Saler. Ajouter une herbe aromatique de votre choix (basilic thaï, persil)

Tartine de tomates
Mixer quelques tomates charnues, du basilic, de l’ail, du piment d’espelette, sel, poivre, un peu d’huile d’olive.
Griller quelques tranches de pain, frotter de l’ail, tartiner avec la préparation de tomates. On peut ajouter un morceau de fromage frais, parmesan…

Mon « truc » pour éviter que ce genre de préparation ne soit aqueuse (en plus de ne pas cuire les courgettes à l’eau et d’utiliser des tomates à chair) : j’ajoute si nécessaire une cuillerée de psyllium blond, une plante qui épaissit les crèmes même froides. Et excellente pour la digestion ! Se trouve en magasin bio.

Carpaccio de courgettes
A faire quelques heures avant
3 petites courgettes non épluchées : verte, jaune, grise
huile d’olive, citron
Faire des tranches dans la longueur avec un économe (si trop de graines, ne pas utiliser le coeur). Dans un plat, recouvrir légèrement d’huile d’olive et de citron.
Au moment de servir pour l’apéritif, saler (+ graines de sésame, gomasio…), rouler 2 ou 3 tranches et les piquer avec un cure-dent. On peut ajouter au milieu un morceau de poivron cuit au four ou de tomate cerise confite. Pour une entrée, les étaler dans un plat et les parsemer de copeaux de parmesan par exemple, herbes…

Topette*!
Fleur

*au revoir en angevin

PS : un peu de lecture pour ceux qui seraient passés à côté de 2 événements majeurs de l’été : on parle de moi dans la presse.

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Les paniers de la Virevolte !

C’est parti pour les paniers de la Virevolte ! Sur commande et sans abonnement, il suffit de créer un compte et de sélectionner les produits souhaités. Un panier tout prêt est également disponible.

Jeudi à Longué et vendredi à Saumur (aux Saveurs de Mamilis), vous pouvez retrouver dans votre panier :

des tomates anciennes : Précoce de Quimper (petite ronde rouge), Kaki Coing (orange), Coeur de Boeuf, cornue des Andes, Rose de Berne, Noire de Crimée, Black From Tula (ronde noire), Grégory Altaï (ronde rouge, cotelée), cerise (rouge, orange, noire, marron)

des courgettes : vertes, jaunes, mouchetées ou rondes ! Et en super promo en plus…

des concombres épineux et lisses (Tanja, MarketMore, Rollinson’s Telegraph)

des poivrons verts (carré ou pointu- California, Corno di Toro) et des piments d’Espelette

des oignons (en vrac ou en botte)

des échalotes

des aromatiques : basilic (vert, pourpre, thaï, cannelle), menthe, persil plat et frisé, thym, sarriette. Vous avez la possibilité de choisir le bouquet varié : il vous permet d’agrémenter de différents goûts vos plats de la semaine.

 

La semaine prochaine, viendront j’espère les aubergines violettes et blanches qui pointent le bout de leur nez si j’éradique les araignées rouges (minuscules acariens qui s’installent sous les feuilles et sucent la sève jusqu’à extinction de la plante et envahissant rapidement une culture) à coup d’infusion d’oignon… Et quelques salades !

Quelques chiffres : 40000 carottes semées sur 11 rangs de 50m et 200 panais sur 2 rangs (éclaircissage en perspective), 200 choux et 3000 poireaux plantés,  de 40 à 50 kg de tomates récoltées par semaine, 100 pieds de concombres en 3 séries, trop, beaucoup trop de courgettes, 15 doryphores ramassés dans les pommes de terre par jour – raisonnable…

 

 

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Désherbage sur le rang, pendant des heures…

On est encore dans le boum pour les maraîchers : les plantations et semis se raréfient (je viens de faire une série de chicorées : scaroles, frisées et il y aura les navets et les radis début août) mais le désherbage monte en puissance. Je me réjouis de la levée des carottes et des panais, mais avec leur lot de daturas, amarantes, liserons et autres: qui aura le dernier mot ? J’essaie de noter le temps passé pour me faire une idée. J’aime assez désherber d’autant que c’est une des rares activités tenables sous le soleil car pas besoin de trop bouger. Je profite de cette lenteur forcée,  à l’écoute des bruits de la campagne au loin, des chants des oiseaux, j’admire tout un tas de petites bêtes… Ce serait parfait si, telle une méditation, j’arrêtais un peu le cours des pensées et des listes de choses à faire, histoire de me reposer. Et ce serait encore mieux si je réussissais à faire des faux semis et un désherbage thermique avant la levée histoire de diminuer la dose…

 

Les journées sont bien remplies. Récoltes, désherbage, livraison, recherche quotidienne de doryphores sur les pommes de terre… J’arrache les échalotes que je laisse sécher et trie car pas très grosses. Les oignons suivront bientôt : gros chantier en perspective.

Il faut aussi anticiper la suite : le 2è tunnel va bientôt entrer dans la danse. Je l’ai laissé en l’état, pas le temps de semer du sorgho. C’est le désert, pas du tout « sol vivant ». L’idée est d’arroser (tant que les restrictions d’eau me le permettent, la sécheresse est très sévère) puis de couvrir de bâches. Pour planter épinards, mâche, salades d’hiver. Entretien des abords, pose de bâches sur les zones non cultivées : des missions qui stagnent en bas de la liste. Je dois également rouvrir le dossier « chiffrage du projet » car je dois l’envoyer d’ici la fin de l’été aux banques.

D’ici là, vous pourrez me retrouver sur le marché de Longué le jeudi matin, le 30 juillet à la fête de Saint-Martin de la Place, le 6 août  au Marché des Producteurs de Longué.

 

 

Tour du jardin en images

Bonne semaine !

Fleur

40

40°C.

Mercredi dernier, il faisait quasiment 40°C soit 60°C sous ma serre à plants où il n’y avait plus rien je vous rassure. Ces derniers se sont réfugiés derrière un muret qui leur permet d’être au soleil le matin puis à l’ombre à partir de midi. Trop tard pour sauver mes plants de salades qui avaient eu toutes les difficultés du monde à germer…

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attention aux coups de soleil, pour les tomates aussi

C’était une grosse semaine de plantation prévue dans mon calendrier : les 3000 poireaux arrachés chez des maraîchers voisins, les choux verts et rouges, le semis de carottes et de panais… Heureusement, Brune était là pour m’aider. Merci à elle. Les poireaux ont été mis sous goutte-à-goutte et paillés. Malgré quelques feuilles grillées, la reprise a l’air de bien se passer. Idem chez les choux que j’ai préférés planter de manière échelonnée.

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Chou de Milan dans son nid

Après les choux frisés qui ont survécu sous la paille, les choux rave ont suivi. Restent les choux rouges, blancs, pointus et fleur !

 

La paille est un bon moyen d’isoler un peu le sol de la chaleur et les plantes des brûlures mais je découvre que ma parcelle est infestée de liserons que rien n’arrête. Il rampe insolemment dans la paille quelle que soit l’épaisseur épandue. Je réfléchis à des solutions : occultation longue durée après les cultures pour l’assommer un peu (inutile de croire pouvoir s’en débarrasser définitivement), toile tissée pour les cultures longues et peu « concurrentielles » comme les oignons (feuillage peu développé qui ne prend pas le dessus) , un peu d’arrachage et beaucoup de laisser-faire ? Le travail du sol a tendance a accentué sa présence en déchiquetant ses rhizomes : à éviter, donc quand c’est possible.

Les poireaux : Après épandage d’engrais organiques en bouchon, alignés tous les 10 cm environ, 3 rangs par planche d’un mètre, plantés à la gouge (500 à l’heure – pas mieux), puis paillés. Goutte-à-goutte sur la ligne, au-dessus ou au-dessous – je teste. La différence de lumière entre les photos ? avant la nuit pour la plantation et le matin pour le paillage quand la chaleur est encore supportable…

 

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Je sème mes carottes avec un semoir Sembdner 4 rangs qui nécessite un sol à peu près propre. On règle le débit avec la taille du trou où se logent les graines prêtes à tomber et la hauteur d’un petit balai qui les laissent passer. On fait un essai sur un drap blanc et on compte le nombre de graines tombées au mètre pour trouver le bon réglage (entre 80 et 100 – j’ai sans doute semé trop dense et vais devoir éclaircir). Simple d’utilisation, il manque à ce semoir un élément pour plomber la ligne après semis.

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Mes premiers rangs de carotte lèvent. J’aurais voulu faire un désherbage thermique mais cette année, ce sera à la main. De belles heures en perspective si tant est que je ne me fasse pas déborder. Et cela ne pourra avoir aucune répercussion sur le prix au kilo. A 10€, je risque de ne pas trouver preneur…! J’ai un stock inimaginable de graines de datura,-une belle cochonnerie de la famille des solanacées et qui nous vient également d’Amérique du Sud-, qui lèvent dans les 10 premiers mètres de mes 5 planches de carottes et panais. Génial.

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Et manque de bol : ça ressemble un peu à une carotte quand ça lève. Après plus du tout, qu’est-ce que c’est moche, surtout le fruit.

 

Je me suis garder encore une planche à semer vendredi pour échelonner le désherbage. J’ai semé le panais en début de semaine : c’est très long à lever et j’ai trop tardé – il vaut mieux le faire en jour croissant et suffisamment tôt pour le refaire en cas d’enherbement incontrôlé. A ce sujet, l’expérience des oignons sous paille est une belle foirade : le blé a bien levé et je reconnais à peine mes feuilles d’oignons – les premiers à passer en botte. En revanche, j’admire de beaux calibres sur les planches nues : en aurai-je en nombre conséquent ? Ai-je suffisamment arrosé ? Réponse à la récolte… J’essaierai sur toile tissée prépercée l’année prochaine pour ne pas avoir à désherber ni les voir disparaître sous les repousses de blé (une paille de l’année 2016 avec épis maigrichons difficiles à battre = très très mauvais couvert !)

A gauche, un gros oignon destiné à la conservation. A droite, les petits vendus en botte. Casse-pieds à préparer, je vais également les proposer en vrac moins cher.

Le goutte-à-goutte me permet d’irriguer autant qu’il est nécessaire grâce à mon droit de pompage dans la rivière. Seules les aspersions de grandes cultures ont été restreintes. Tous les maraîchers n’ont pas ma chance et certains souffrent cruellement du manque d’eau, faute de pluies suffisantes cet hiver pour remplir nappes et réserves.

40mm… C’est la quantité de plui qui est déjà tombé depuis hier. Tout autour de moi soupire d’aise. Le sorgho en particulier qui avait jauni. Un peu d’arrosage sous le tunnel et basta. J’en ai profité pour travailler sur mon module de commande de paniers en ligne : lavirevolte.panierlocal.org, car après les courgettes et les concombres, les tomates, les aubergines et les poivrons arrivent,  et il est temps de songer à les vendre ! Le site est un peu long à mettre en place, un petit budget mais je compte gagner du temps sur la gestion et préparation des commandes, la facturation. Je ne néglige pas les investissements sur le temps de « bureau » (soit le soir et le week-end) : avec un centre de gestion (1700€HT/an) et ce module (30€HT/mois), c’est du temps gagné que je peux consacrer à ma famille…

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A nous les salades grecques. Les enfants se régalent. Quel bonheur !

Bonne semaine,

Fleur

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Avant d’être une menace pour la peau, le soleil est source unique de vitamine D et améliore notre moral… Alors pas de crème solaire chimique, une exposition raisonnable et vous vous en porterez mieux !

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