Nous sommes jeudi soir et tant de choses se sont déjà passées cette semaine.

Elle a commencé dimanche à 16h. J’avais deux heures à tuer et je n’ai pas pu m’empêcher de me lancer dans un chantier qui m’en a pris cinq… J’avais récolté 6 gros choux frisés qui avaient éclaté (la douceur des températures n’arrêtant pas la végétation). M’inspirant de la méthode décrite sur les sites de mon-bio-jardin.com et de nicrunicuit.com, je me suis lancée dans la réalisation d’une « choucrute », de la choucroute crue. Le gros pot en grès qui servait de déco dans le jardin de ma belle-mère a retrouvé sa fonction première après un bon récurage (sans détergent agressif, cela va de soi, histoire de ne pas freiner la lacto-fermentation). Est-ce que cela va fonctionner ? Verdict dans quelques semaines. Ou quelques jours si ça tourne à la catastrophe !

Au bout de 3 jours, la première étape est validée : le chou rend de l’eau sous l’action du gros sel… A suivre.

Mardi, mon jardin connaît ses premiers frissons : -5°C durant la nuit ! La pompe enveloppée dans son voile d’hivernage tient le coup. C’est un coup mortel pour les tomates, poivrons, courgettes et physalis. Je vais pouvoir nettoyer mon premier tunnel. quelle belle lumière ! J’admire aussi mon semis d’engrais vert à la volée dans mes chemins : l’avoine verte lève bien drue. Le sorgho dans la grande parcelle a gelé et devrait laisser place à l’engrais vert suivant : avoine, féverole, vesce.

La pluie s’annonce mercredi, on ne la boude pas ! Bien à l’abri dans le tunnel 2, je fais un semis de radis roses et de carottes primeur avec le semoir 4 rangs Sembdner. Le réglage n’est pas très précis, j’ai utilisé de la « Touchon » qui est précoce mais pas spécialement réputée pour jours courts (en bio, on sème souvent l’hybride Napoli – je suis preneuse de suggestion de variétés non F1 de carottes primeur…) : si ça donne quelque chose, c’est vraiment la chance du débutant ! Je voile le tout et arrose. Combien d’heures de désherbage de mouron m’attendent ? J’ai enlevé à la fourche-bêche les racines plongeantes de liseron avec application et patience. Il me restera de la place pour les autres primeurs : oignons, betteraves, navets, salades… Pommes de terre et choux iront sans doute  faire un tour dans le tunnel 1 car je pourrai les planter même s’il reste de la paille après quelques petits mois d’occultation en hiver…WP_20171107_004

Je continue de planter des petites séries des salades d’abri : Fakto (laitue beurre), Solinice (feuille de chêne), Curtis (batavia) avec un peu de phosphate ferrique contre les limaces.  Je refais un semis de ces graines enrobées d’argile dans la serre à plants pour en avoir des précoces au printemps. Difficile encore de déterminer les quantités nécessaires. Je récolte mes premiers épinards qui ont bien l’air d’avoir le mildiou avec leurs petites tâches jaunes, traitement au bicarbonate en vue (je donnerai les dosages si ça réussit dans un prochain article), le mesclun (mizuna vert et rouge, jeunes blettes rouges, pousses de salades), de la mâche. Les panais et les céleris-raves sont plutôt beaux (j’en ai pas mal des petits aussi…), jolie surprise. Premières récoltes de scaroles et frisées blanchies selon des méthodes artisanales : ficelle ou double pot noir retourné… Enfin, de la feuille, de la vraie (la salade conventionnelle sous son air pur et innocent est l’un des légumes les plus traités – sans parler des méthodes de culture catastrophiques de la mâche nantaise).

Cette semaine, c’est aussi le coup d’envoi de la reprise de l’AMAP de Longué ! Le nombre d’adhérents ayant dégringolé, le précédent maraîcher a renoncé après quasiment 10 ans de bons et loyaux services. On repart avec quelques paniers et beaucoup de motivation. Première distribution le 14 novembre. J’espère que les Amapiens apprécieront mes légumes : la composition des paniers, les quantités… et que j’en aurai suffisamment pour tenir jusqu’au printemps ?! Tout est à organiser : trouver de nouveaux adhérents, de nouveaux producteurs car certains ont arrêté aussi. Cela demande du temps, du travail collectif, un beau défi.

Mercredi, j’envoie enfin mon étude de marché à la chambre d’agriculture pour finaliser mon dossier de demande de Dotation Jeune Agriculteur. Je devrai passer à la commission de décembre mais rien n’est moins sûr, les dossiers se bousculent à l’entrée. Cela ne m’empêchera pas de m’installer mais retardera le premier versement. Le plus important est acquis : l’accord de la banque. Il reste beaucoup de démarches administratives : création de l’entreprise, sortie de la CIAP et du portage d’activité… Mmmm, tout ce que j’aime.

Me voilà jeudi soir,après le marché du matin et la préparation des paniers pour demain. Nous rentrons de l’école avec les enfants qui me demandent une purée de pommes de terre pour le dîner. Qu’à cela ne tienne : je passe au hangar prendre quelques Désirée à chair tendre, attrape 3 petits panais. Le dîner est simplissime et on se régale. Pommes de terre+ panais cuits à l’eau avec du thym puis écrasés à la fourchette avec de l’huile de l’olive. Mesclun et graines germées, maquereau mixé avec des pois chiches, persil, huile d’olive, moutarde, curcuma pour y tremper des carottes « rouge-sang », tartines de pain maison (200g de levain, 380g d’eau, 600g de farine, sel, levée 5 heures au chaud, façonnage puis levée 1 heure dans 2 moules à cake et cuisson à 250° pendant 25 minutes et 200°C 15 minutes) beurre et rondelle de radis violet d’automne qui pique à peine (victoire !). Compote de pommes cuites à feu très doux 1/2 heure avec une infusion de romarin (le reste de ma théière!).

Que demander de plus ? Une bonne nuit !

 

Topette.

 

 

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