Recherche

la virevolte

Le pote âgé de mon potager

Le compte à rebours avant mon installation. Le nez dans le guidon, le cerveau au bord de l’implosion, la liste des trucs à faire qui s’allonge à chaque fois que je respire… Les rencontres nationales de l’association Maraîchage sur Sol vivant m’offrent une coupure de 2 jours pour écouter, échanger, apprendre sur mon sujet préféré, sans que ce soit forcément lié à un chiffre à calculer, un devis à demander, un mail à envoyer.

Entre mille autres choses, j’ai appris que mon meilleur ami – le pote âgé de mon potager- était un vieil arbre… Hervé Coves en une de ses merveilleuses conférences dont il a le secret nous a emmenés au pays des mycorhizes, quelque part sous nos pieds. D’ici quelque temps, nous pourrons la visionner sur Internet. Voici en attendant, par quelques phrases maladroites, ce que je pourrais en dire ici :

Nous autres animaux pouvons nous déplacer pour nous nourrir contrairement aux plantes qui ont dû, au fil de leur évolution, construire des stratégies pour se partager les nutriments, se défendre, communiquer. Et ce grâce aux champignons souterrains -les mycorhizes- qui font la liaison entre leurs racines et le milieu (la solution du sol, les autres plantes). Entre deux plantes voisines, on retrouve des éléments dans la sève de chacune qui provient de l’autre. Quand une plante est attaquée, elle déploie sa stratégie de défense, les messages qu’elle envoie dans tout son organisme vont circuler jusqu’aux mycorhizes en lien avec ses racines qui transmettent l’information à leur tour aux plantes voisines. Ces dernières auront alors un temps d’avance sur leur prédateur. Dans la nature, les plantes s’organisent en « guildes » : des groupes de collaboration et de stratégie commune. Il est bon d’essayer de réintégrer ce principe dans nos (mono) cultures.

Selon Hervé Coves, il est possible d’établir, à force d’observation, les paramètres de ce qui fait un bon éco- ou agrosystème : celui, par exemple, du maraîcher qui voudrait faire pousser des légumes domestiqués par 12000 ans d’agriculture. Le premier élément, c’est un vieil arbre.

pote_age
Le vieux sage du conte serait-il le vieil homme assis sous l’arbre ou l’arbre lui-même ?

Ce dernier est en quelques sorte la mémoire du lieu : il porte en lui l’histoire du climat et de tout ce qu’il a développé comme défenses immunitaires pour résister aux conditions difficiles et aux attaques. C’est un aréopage inestimable de mycorhizes qui peuplent ses racines et communiquent avec le monde souterrain sur des dizaines (centaines?) de mètres carré.

Le vieil arbre, la lisière, les ronces, la prairie… A l’énumération de ces paramètres, je pense à ma parcelle bordée par le bois que je ne verrai plus jamais de la même manière. avant, je me demandais : me fera-t-il trop d’ombre ? les racines des arbres feront-elles concurrence en eau et nourriture aux légumes les plus proches ? Sans doute, mais la richesse des connections qui vont naître entre cette lisière et mon futur jardin est bien plus importante. Les ronces elles-mêmes en bordure ont leur rôle à jouer : elles sont là depuis que l’homme défriche et domestique les plantes et nos légumes apprécient sa proximité… je n’ai tout de même pas l’intention de cultiver dans un roncier, je vous rassure.

Puis le week-end est arrivé et avec lui Brigitte, Etienne, Mahaut et Valentine. Enthousiastes et attentifs, ils m’ont aidé à monter ma serre à plants (4x18m avec bâche enterrée), placer les éléments à terre pour les grands tunnels, planter quelques arbres fruitiers (à peu près alignés !). Merci à eux et à Chantal pour la logistique pour ce beau week-end de travail. Il me reste la table chauffante et les portes à finir et je pourrais y installer les premiers plants de la saison.

Ce matin, un voisin est venu épandre 10T de fumier bovin (sur 3000m²) dont une partie restée en tas et protégée servira sous les grands tunnels… qui attendent donc d’être montés : avis aux amateurs qui peuvent s’annoncer durant tout le mois de mars !

wp_20170220_004
Miam

Bonne semaine,

Fleur

Y a plus qu’à…

Le mois de février s’annonce intense. Et j’ai besoin de vous !

Grâce à Raphaële, Bernard, Matthieu, Etienne, Bertrand, Christian, Denise, Jean-Charles, Emmanuel, Thibaud, Jean-Marc, Dominique, mes tunnels ont été chargés et déchargés : beaucoup plus long et fastidieux que ce que je m’étais imaginé. Leur aide et leur endurance ont été précieuses. Encore quelques arceaux et entretoises à descendre et entreposer et il n’y aura plus qu’à tout remonter ! Bon, il y a eu un petit incident de parcours : je n’ai pas pu suivre le tracteur qui ramenait le chargement et deux arceaux ont glissé du plateau dans un fossé, retrouvés au bout de 10 km le soir par Christian, salarié de l’entreprise où j’ai acheté mes tunnels d’occasion… En ai-je perdu d’autres ? Encore difficile à déterminer malgré ma tentative de comptage… Voyons le côté positif : ils ne sont pas tombés côté route où ils auraient pu être dangereux !

Je dois d’abord faire la liste de l’existant, commander bâches, amarres à vis, supports de culture, mettre des piquets aux emplacements des tunnels… Une bagatelle. Comme en parallèle, j’entame mon parcours d’installation à la Chambre d’agriculture afin de demander les aides « jeune agriculteur »avec de nombreuses journées de formation et beaucoup plus en travail de chiffrage et démarches administratives, les prochains jours/semaines/ mois vont être bien chargés.

J’ai lancé un appel pour avoir de l’aide le week-end du 18 février. Merci Eric d’y avoir répondu… Mais tous les deux, nous n’y arriverons pas et ce sera sans doute un peu tôt. Tu es toujours le bienvenu : nous nous occuperons de la serre à plants qui doit être opérationnelle dans la semaine qui suit.

J’ouvre donc les inscriptions pour tous les week-ends de février et de mars : VENEZ ! VENEZ ! Je ne peux monter ces tunnels seule : à 4, on commence à pouvoir envisager un chantier efficace, à 6 ou 8, ça serait encore mieux !

Au programme, du grand air, du sport, des bonnes bouffes… Bref que du bonheur.

Merci.

 

Reconnaissance éternelle

Arnaud, Bernard, Bertrand, Camille, Denis, Guillaume, Jacques, Vincent, Xavier… Je ne saurais comment remercier ces garçons que j’ai eus rien que pour moi tout le week-end !

L’emploi du temps était chargé : nous avions 2 jours pour démonter 1600m² de tunnels. Le premier jour, sous un soleil radieux, l’équipe parisienne s’est fait les mains sur des dizaines de fils de fer à enrouler et de boulons à dévisser. Ils ont été vaillants, pilotés par Denis le maraîcher puis par Vincent et Guillaume le dimanche. Le samedi soir, nous sommes rentrés sonnés par cette journée intense. Le lendemain, nous étions déjà aguerris mais la pluie s’est invitée. C’est trempés qu’ils ont déboulonné, dévissé, « décontreventé »… et fait tomber les arceaux un à un grâce à Guillaume juché sur ses échasses (à répéter 10 fois de suite, de plus en plus vite), incroyablement stable et efficace malgré les bâches glissantes au sol et les plantes en godet encore en place. Pour moi, le défi supplémentaire était de bien préparer le chantier (outils, intendance…), de prendre des photos pour savoir tout remonter (les pignons en particulier). La pluie nous a empêché de finir le démontage, ainsi que les pieds du tunnel 4 qui nécessitent un nouvel outil… Mais 3 tunnels sont par terre ! (et dire qu’il va falloir tout remonter chez moi dans les prochaines semaines…) Bravo à vous messieurs pour ce coup de main inestimable. Vous en avez bavé mais avec le sourire. Faut dire que c’était pas de la tente scoute. Et merci également à ma belle-mère qui a gardé les 3 enfants tout le week-end !

Le week-end prochain, ça continue ! Les inscriptions sont ouvertes. Au programme : fin du démontage (4e tunnel + serre à plants), dé/chargement.

Bonne semaine,

Fleur

 

 

2017, à nous deux !

J’ai l’impression que je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer cette année…

  • Démonter les 4 tunnels de 8x50m + la petite serre de pépinière (60m²) les week-ends des 14/15 et 21/22 janvier (il reste des places disponibles pour venir donner un coup de main)
  • Commander les nouvelles bâches pour la serre à plants et les 2 tunnels
  • Monter la pépinière avec table chauffante avant le 15 février, 2 tunnels avant le 15 avril. Lancer mes premiers semis à la mi-février
  • Avancer sur le chiffrage prévisionnel de mon projet sur 5 ans : pour ma demande d’hébergement en pépinière d’entreprise pour 2017 (comité le 31 janvier), ma demande de dotation Jeune Agriculteur, pour ma demande de prêt bancaire. Installation officielle prévue le 1er janvier 2018.
  • Déterminer le système d’irrigation, faire des devis, installer le tout avant le 15 avril.
  • Finaliser ma commande de semences
  • Faire venir du fumier
  • Installer ma station de lavage
  • Vider et nettoyer la pièce qui va servir de poulailler. Une dizaine d’allers-retours à la déchetterie en perspective…
  • Créer mon atelier de fabrication d’extraits fermentés
  • Commander les toiles tissées et filets anti-insectes
  • Acheter le petit matériel : houe maraîchère, désherbeur thermique…
  • Planter les premiers arbres fruitiers. Les acheter d’abord…

Ça, c’est juste pour le premier trimestre… en sachant que je suis entre 2 et 4 jours  par semaine en stage chez des maraîchers !

Et oui, j’ai de grands moments de doutes et d’angoisse. Et ce sont mes enfants et mon mari qui trinquent. Il va falloir que je travaille sur ce point-là aussi…

Si vous avez envie de prendre l’air un week-end, n’hésitez plus, venez me rendre visite… on aura de quoi s’occuper !

lechampdespossibles
Le 01/01/17 : le champ des possibles…

Bonne année à tous,

Fleur

OGM, CMS, NBT, et puis quoi encore ?

Ce matin, sillonnant les routes givrées de la campagne angevine, j’attrape le début d’une émission de radio ayant pour thème l’accélération du monde. Question primordiale à tous points de vue et dont je voulais justement parler dans ce nouvel article qui, j’espère, marque mon retour sur ce blog délaissé ces derniers temps.

Pas de grandes considérations sur notre société moderne qui va trop vite, pour cela j’essaierai d’écouter le reste de l’émission… quand j’aurai le temps. Non un exemple concret de cette accélération qui empoisonne notre présent et menace l’avenir de notre alimentation.

Longtemps il fut question d’OGM, organisme génétiquement modifié, pour désigner un ennemi terrifiant de l’agriculture biologique même si ses défenseurs assuraient vouloir le bien de la planète et promettaient de nourrir l’humanité toute entière. Les OGM ont été encadrés, les OGM sont partout. Mais ils font surtout aujourd’hui figure de dinosaure. Les géants de la semence ont compris qu’ils devaient avancer masqués : on ne sait désormais plus si une semence a été trafiquée génétiquement.

Ainsi, l’année dernière à la même époque, les organisations bio s’inquiétaient des semences CMS (stérilité mâle cytoplasmique), déjà un moyen de triturer les graines sans être vraiment OGM. Pfff ! C’est déjà dépassé, complètement ringard : à peine le temps d’organiser une riposte collective pour refuser ces CMS que déjà on nous parle des NBT : nouvelles biotechnologies. Et c’est alors pas moins de 14 méthodes qui permettent de trafiquer une semence en laboratoire puis d’en tirer des générations d’hybriques « classiques » au champs. Ni vu ni connu je t’embrouille. Aucune loi ne vient encadrer ces pratiques qui ne sont à proprement parler pas de la modification génétique type OGM… Beaucoup de maraîchers bio, même parmi les puristes, utilisent des hybrides (ou F1) qui leur permettent pour certains légumes (salades sous abri, melon, concombres) d’assurer une production homogène ou sans trop de maladies. Mais voilà, on n’est plus sûr que ces hybrides soient juste des hybrides pas trop dégueu (je ne suis pas une scientifique – j’essaie de vous expliquer avec mes mots ce que j’ai compris… Je demande l’indulgence d’un éventuel lecteur averti)… Qui est-on pour lutter contre la puissance de l’argent et de ces grands groupes qui mettent tous leurs moyens dans cette course de vitesse où la riposte et la loi ont toujours un train de retard ?

Il nous reste à nous autres maraîchers de retrouver avec confiance les semences de « population » (sélection naturelle) : certes pour notre viabilité économique, ce choix n’est pas toujours évident mais nous pouvons apprendre à adapter nos variétés à nos terroirs, même si cela doit prendre plusieurs années et un temps fou. C’est une belle utopie en tout cas. Hasta siempre !

A lire dans la presse !

Un article sur mon installation à Longué est à lire dans le Courrier de l’Ouest du 23 octobre.

article_courrierdelouest_231016

A la conquête de l’ouest

septembre 2016 – Année 2 : l’arrivée sur mon lieu d’installation, à Longué-Jumelles.

Me voilà lancée à la conquête de l’ouest ! ou plus précisément à la conquête du plus haut sommet de l’Anjou : mon jardin. Dans la perspective de ma future installation, l’image de la montagne à gravir s’est imposée à moi. Dès la rentrée, au milieu des assurances scolaires à souscrire, livres à couvrir et inscriptions au judo, je me croyais déjà au pied de l’Everest, prête à grimper. Mon agitation en tous sens, mes questions sans réponse, ma fatigue grandissante et mes gadins divers et variés m’ont finalement ouvert les yeux : je jouais au lapin de La Fontaine alors que j’en étais encore à préparer mes bagages, décider de l’itinéraire et m’entraîner… Et de découvrir que la montagne était aussi intérieure : gestion du stress et des émotions, capacité à prendre (ou pas) les décisions et à organiser les priorités, savoir bien s’entourer… la route est encore longue et sinueuse.

Les premières étapes : déchaumer, puis décompacter. Occultation sur certaines zones par bâches d’ensilage récupérées . Car à chaque étape, il me faut expérimenter !

Après analyse, le sol se trouve en mauvais état : peu de vie microbienne et un énorme travail pour le régénérer. Je cherche les ingrédients pour m’y aider mais ce n’est pas une pincée de ci ou ça. C’est par tonne que ça se met : fumier bio, basalte, poudre de charbon, BRF, paille, le tout arrosé d’extraits fermentés… Si certains sont intéressés par le détail de ma démarche, qu’ils me le fassent savoir.

En attendant, je continue mes récoltes sur l’espace-test avec livraisons à la Biocoop de La Flèche et quelques paniers. Nous savourons les derniers concombres, poivrons, aubergines et tomates. L’occasion d’en dire un peu plus sur leurs avantages nutritionnels respectifs (n’étant pas nutritionniste, j’ai résumé différentes informations non exhaustives trouvées sur Internet ici et ici)

  • le poivron : on le trouve vert (quand il n’est pas encore à maturité), jaune ou rouge. C’est le plus mûr qu’il contient le maximum de vitamine C importante pour ses effets antioxydants (oxydation de l’organisme = vieillissement, maladies), juste derrière le persil et avant les épinards et le chou. Mais encore vert, il contient plus de flavonoïdes que le rouge, qui lui confèrent également des vertus antioxydantes ! Qui dit mieux ? Mieux vaut manger la peau. Et si on ne mange pas son poivron vert tout de suite, en mûrissant à température ambiante, son taux de vitamine C augmentera. Ajoutez à cela : vitamine A (pour les os, les dents, la peau et lutter contre les infections), vitamine B6, , B2, B3, K, manganèse, cuivre, acide panthoténique, folate (aide à la cicatrisation et au renouvellement des cellules)
  • le concombre : au départ, il était amer mais à force de sélections, nous trouvons aujourd’hui principalement le concombre hollandais, lisse et frais mais sans grande valeur nutritionnelle. Car c’est dans son amertume que le concombre contient ses substances anti-inflammatoires apportées par la cucurbitacine. Moralité : il vaut mieux privilégier les variétés anciennes, courtes et un peu plus amères. Ne pas hésiter à manger la peau où se logent les composés phénoliques et leurs propriétés anti-oxydantes. Un autre avantage du concombre à souligner : il apporte une satiété rapide grâce à sa grande teneur en eau et la nécessité de bien le mastiquer.
  • l’aubergine : pour bénéficier de ses propriétés anti-oxydantes, il faut manger la peau!
  • la tomate contient du lycopène, aux effets… anti-oxydants puissants (de la famille des caroténoïdes que nous ne savons pas synthétiser – c’est ce qui lui donne sa couleur rouge). Elle nous aide donc à lutter contre les méchants radicaux libres qui provoquent vieillissement, maladies cardiovasculaires et cancers. Là encore en forte concentration dans la peau. Manger l’équivalent de 16mg de lycopène par jour réduirait de 40% l’intensité du coup de soleil : avouez que c’est bien fait de trouver des tomates l’été… Et parce que manger des légumes, c’est aussi une question de goût et de plaisir, par pitié, ne mettez pas les tomates au frigo qui tue leur arôme (sauf si elles viennent du supermarché : cela n’a pas d’importance, elles en étaient déjà dépourvu en arrivant chez vous).

Tout ceci est d’autant plus vrai si vos légumes sont bio et locaux : cueillis à maturité, sans transiter par des frigos, ils n’ont pas perdu leurs propriétés nutritionnelles en chemin, et ne sont pas chargés de résidus de pesticides qui auront tendance à provoquer l’effet inverse de celui recherché (être en bonne santé).

C’est aussi l’heure de mettre les dernières récoltes en bocaux : ratatouilles, coulis de tomates, ketchup, pesto, caviar d’aubergines. Je ne suis quasiment pas sortie de la cuisine aujourd’hui, restant à l’abri de la pluie qui s’est enfin décidée à tomber. Mais que reste-t-il dans mes sauces mijotées des nutriments cités plus haut ?!

wp_20160910_001
C’est quand même du boulot…

Recette du ketchup (fait avec des tomates jaunes, joli)

2 kg de tomates, 1 gros oignon, 2 gousses d’ail, 15 cl de vinaigre de cidre, 100g de sucre de canne, sel, épices (pour moi, gingembre et garam massala)

Faire d’abord le coulis en mettant à cuire tomates, oignons et ail. Faire réduire et mixer. Selon la consistance souhaitée, passer le coulis au tamis pour éliminer peaux et graines. En ce qui me concerne, la paresse a dicté mon choix, j’ai tout gardé. Remettre à cuire avec le reste des ingrédients et faire réduire à nouveau une heure. Stériliser des pots et les remplir du ketchup encore chaud. J’avais gardé plusieurs mois la cuvée précédente.

wp_20161001_001
les couleurs de l’automne : ketchup jaune avec petits légumes pleins d’anti-oxydants et 5 kg de tomates cerise à mettre en pots…

Comme a dit mon fils de 6 ans en goûtant mon ketchup jaune : « c’est bion, félicitations! »

 

Pourquoi vous ne verrez pas mes légumes dans un supermarché

On m’a dit un jour que vendre mes légumes bio dans un supermarché pourrait permettre à ses clients de découvrir de vrais et bons produits et leur ouvrir ainsi de nouvelles perspectives. Peut-être… Mais si l’idée est louable, les arguments contraires sont à mes yeux trop nombreux pour me laisser tenter…

  • Le supermarché : ce temple de la surconsommation est construit dans une zone commerciale a l’extérieur des villes. Il a fait fermer tous les petits commerçants du centre-ville, a condamné des surfaces agricoles et a transformé notre beau pays en « France moche » (un peu de lecture par ici) avec son lot d’entrepôts, de ronds-points et de voitures en tous sens.
  • La grande distribution s’en tape royalement du bio. C’est un créneau de vente et de marketing comme les autres. Carrefour ouvre des magasins spécialisés « bio » après avoir hésité avec le créneau « hallal ». On sait que ce sont des produits bio les moins chers possible venant de l’autre bout du monde s’il le faut, idéalement là où on est moins regardant sur le cahier des charges.
  • La grande distribution se moque éperdument de l’écologie en général : combien de tonnes d’emballages qui en viennent remplissent nos poubelles puis nos incinérateurs  chaque jour ?
  • La grande distribution se fout comme de l’an 40 de ce qui fait un bon aliment : le goût, les nutriments, la juste rémunération pour son producteur. Les légumes qui y sont vendus ont été trafiqués génétiquement pour tenir longtemps dans les frigos, les camions et les étals. Au détriment donc du goût et de notre santé. Pour bien comprendre, jetez un œil à cet extrait d’un documentaire sur vimeo  qui parle de la comparaison nutritive entre des tomates issues de semences paysannes et de semences hybrides F1.
  • La grande distribution s’en tamponne le coquillard, des producteurs locaux : la vente de leurs produits ne représente qu’un faible pourcentage mais quelle pub à moindre coût ! Elle s’en bat l’œil aussi, contrairement à ce qu’elle dit, de notre pouvoir d’achat, car elle n’a qu’une idée en tête : nous piquer le plus d’argent possible – à ses clients en leur vendant des produits de mauvaise qualité, à ses fournisseurs en mettant la pression sur leurs prix, à tout le monde, quoi.

Bon. Difficile aujourd’hui de se passer du supermarché, hein ? Moi aussi, j’y fais une partie de mes courses, évitant soigneusement les produits suremballés et (presque toujours) la malbouffe. Et je pense que nos légumes et nos fruits n’ont aucun intérêt à y faire un tour, nous y perdrions notre âme… N’est-ce pas un plus bel objectif que de nous en faire sortir ? De nous faire reprendre contact avec la réalité car sous les néons, cette profusion de biens est un mirage. Révoltons-nous braves gens, virevoltons et utilisons pour de vrai notre vrai pouvoir d’achat pour faire vivre nos paysans et nos artisans.

 

Courges, sex & sun

WP_20160807_001
Ma jungle au cœur de l’été

 

WP_20160801_003
Mes tomates cerise à la Biocoop !

Les récoltes battent leur plein ! C’est maintenant deux livraisons par semaine à la Biocoop de La Flèche qui me permettent d’écouler tomates, aubergines, concombres et poivrons.

J’ai été submergée par les concombres ; avec mon départ de l’espace-test, je n’ai pas souhaité faire plusieurs séries pour étaler les récoltes. Mais, ça se calme, les feuilles se tachent, les plants produisent moins. J’ai aussi appris à les récolter au bon moment : trop mûrs, ils ont beaucoup de graines, ce qui ne plaît guère aux clients. A la maison, graines ou pas graines, nous en avons beaucoup mangé !

Par ce temps estival, je réorganise mes journées : je travaille tôt et tard, avec une longue pause au déjeuner.

 

Dans ma recherche d’autonomie, je tente la pollinisation à la main des courge(tte)s pour produire mes graines. En effet, chez les cucurbitacées, on n’hésite pas à se croiser avec sa voisine et si le fruit obtenu correspond bien dans un premier temps à la variété plantée, on prend le risque de perdre peu à peu la pureté de celle-ci en récoltant les graines de fruits croisés (et on se reconvertit dans la vente de coloquintes, c’est joli mais ça ne se mange pas). Bref. Tôt le matin, avant l’ouverture des fleurs, je cherche 2 beaux pieds d’une même variété avec une fleur mâle sur l’un et une fleur femelle sur l’autre, au pire, je prends sur le même pied. Elles ne doivent pas s’être encore ouvertes du tout car les insectes pollinisateurs peuvent avoir déposé du pollen d’une autre variété en butinant. La fleur mâle se trouve au bout d’une tige, la fleur femelle au bout d’un petit fruit en formation : si cette dernière n’est pas fécondée, le fruit avortera – c’est pour cette raison qu’en début de saison quand il y a peu de pollinisateurs, beaucoup de petites courgettes meurent. Deux solutions, aider à la fécondation à la main (sans se soucier alors de la pureté des variétés) ou récolter ces petits fruits avec une belle fleur jaune épanouie au bout – un restaurateur pourrait être intéressé ! Donc je cueille et ouvre la fleur mâle dont je viens frotter le pistil sur l’étamine de la fleur femelle. Je recouvre ensuite d’un bout de voile pour qu’aucun insecte ne vienne à son tour s’y frotter. Il y a certainement d’autres méthodes, tous les conseils sont bienvenus. Je vais essayer d’en faire plusieurs par variété, histoire de ne pas me rater.

Pas de problème pour les solanacées, on peut récolter les graines directement sur le fruit. C’est une autre histoire.

Mes journées sont rythmées par les récoltes, les travaux quotidiens : désherbage de mes quelques planches extérieures, buttage des carottes et poireaux. Par les bonnes et moins bonnes découvertes : les quelques panais qui ont bien voulu pointer leur nez et l’oïdium qui s’est invité sur mes courges. Arf. Décoction d’ail à prévoir ! Décoction de prêle + bicarbonate et savon noir sur mes tomates également contre le mildiou une fois par semaine par temps maussade si possible.

 

En tout cas, je suis émerveillée par tout ce que ce travail m’apporte : le bonheur de nourrir les autres, l’observation des petites bêtes : les abeilles toutes jaunes se vautrant dans le pollen des fleurs de courgettes, la chenille du machaon se prélassant sur une tige de fenouil.chenille

Pour finir, un petit concours : combien pèse cette tomate à votre avis ? A gagner, une invitation à venir la manger avec de la mozza di buffala…!

grosse tomate

Promis, à suivre l’article sur le supermarché et ma salle de bain…

Bonne semaine !

Fleur

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑