septembre 2016 – Année 2 : l’arrivée sur mon lieu d’installation, à Longué-Jumelles.

Me voilà lancée à la conquête de l’ouest ! ou plus précisément à la conquête du plus haut sommet de l’Anjou : mon jardin. Dans la perspective de ma future installation, l’image de la montagne à gravir s’est imposée à moi. Dès la rentrée, au milieu des assurances scolaires à souscrire, livres à couvrir et inscriptions au judo, je me croyais déjà au pied de l’Everest, prête à grimper. Mon agitation en tous sens, mes questions sans réponse, ma fatigue grandissante et mes gadins divers et variés m’ont finalement ouvert les yeux : je jouais au lapin de La Fontaine alors que j’en étais encore à préparer mes bagages, décider de l’itinéraire et m’entraîner… Et de découvrir que la montagne était aussi intérieure : gestion du stress et des émotions, capacité à prendre (ou pas) les décisions et à organiser les priorités, savoir bien s’entourer… la route est encore longue et sinueuse.

Les premières étapes : déchaumer, puis décompacter. Occultation sur certaines zones par bâches d’ensilage récupérées . Car à chaque étape, il me faut expérimenter !

Après analyse, le sol se trouve en mauvais état : peu de vie microbienne et un énorme travail pour le régénérer. Je cherche les ingrédients pour m’y aider mais ce n’est pas une pincée de ci ou ça. C’est par tonne que ça se met : fumier bio, basalte, poudre de charbon, BRF, paille, le tout arrosé d’extraits fermentés… Si certains sont intéressés par le détail de ma démarche, qu’ils me le fassent savoir.

En attendant, je continue mes récoltes sur l’espace-test avec livraisons à la Biocoop de La Flèche et quelques paniers. Nous savourons les derniers concombres, poivrons, aubergines et tomates. L’occasion d’en dire un peu plus sur leurs avantages nutritionnels respectifs (n’étant pas nutritionniste, j’ai résumé différentes informations non exhaustives trouvées sur Internet ici et ici)

  • le poivron : on le trouve vert (quand il n’est pas encore à maturité), jaune ou rouge. C’est le plus mûr qu’il contient le maximum de vitamine C importante pour ses effets antioxydants (oxydation de l’organisme = vieillissement, maladies), juste derrière le persil et avant les épinards et le chou. Mais encore vert, il contient plus de flavonoïdes que le rouge, qui lui confèrent également des vertus antioxydantes ! Qui dit mieux ? Mieux vaut manger la peau. Et si on ne mange pas son poivron vert tout de suite, en mûrissant à température ambiante, son taux de vitamine C augmentera. Ajoutez à cela : vitamine A (pour les os, les dents, la peau et lutter contre les infections), vitamine B6, , B2, B3, K, manganèse, cuivre, acide panthoténique, folate (aide à la cicatrisation et au renouvellement des cellules)
  • le concombre : au départ, il était amer mais à force de sélections, nous trouvons aujourd’hui principalement le concombre hollandais, lisse et frais mais sans grande valeur nutritionnelle. Car c’est dans son amertume que le concombre contient ses substances anti-inflammatoires apportées par la cucurbitacine. Moralité : il vaut mieux privilégier les variétés anciennes, courtes et un peu plus amères. Ne pas hésiter à manger la peau où se logent les composés phénoliques et leurs propriétés anti-oxydantes. Un autre avantage du concombre à souligner : il apporte une satiété rapide grâce à sa grande teneur en eau et la nécessité de bien le mastiquer.
  • l’aubergine : pour bénéficier de ses propriétés anti-oxydantes, il faut manger la peau!
  • la tomate contient du lycopène, aux effets… anti-oxydants puissants (de la famille des caroténoïdes que nous ne savons pas synthétiser – c’est ce qui lui donne sa couleur rouge). Elle nous aide donc à lutter contre les méchants radicaux libres qui provoquent vieillissement, maladies cardiovasculaires et cancers. Là encore en forte concentration dans la peau. Manger l’équivalent de 16mg de lycopène par jour réduirait de 40% l’intensité du coup de soleil : avouez que c’est bien fait de trouver des tomates l’été… Et parce que manger des légumes, c’est aussi une question de goût et de plaisir, par pitié, ne mettez pas les tomates au frigo qui tue leur arôme (sauf si elles viennent du supermarché : cela n’a pas d’importance, elles en étaient déjà dépourvu en arrivant chez vous).

Tout ceci est d’autant plus vrai si vos légumes sont bio et locaux : cueillis à maturité, sans transiter par des frigos, ils n’ont pas perdu leurs propriétés nutritionnelles en chemin, et ne sont pas chargés de résidus de pesticides qui auront tendance à provoquer l’effet inverse de celui recherché (être en bonne santé).

C’est aussi l’heure de mettre les dernières récoltes en bocaux : ratatouilles, coulis de tomates, ketchup, pesto, caviar d’aubergines. Je ne suis quasiment pas sortie de la cuisine aujourd’hui, restant à l’abri de la pluie qui s’est enfin décidée à tomber. Mais que reste-t-il dans mes sauces mijotées des nutriments cités plus haut ?!

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C’est quand même du boulot…

Recette du ketchup (fait avec des tomates jaunes, joli)

2 kg de tomates, 1 gros oignon, 2 gousses d’ail, 15 cl de vinaigre de cidre, 100g de sucre de canne, sel, épices (pour moi, gingembre et garam massala)

Faire d’abord le coulis en mettant à cuire tomates, oignons et ail. Faire réduire et mixer. Selon la consistance souhaitée, passer le coulis au tamis pour éliminer peaux et graines. En ce qui me concerne, la paresse a dicté mon choix, j’ai tout gardé. Remettre à cuire avec le reste des ingrédients et faire réduire à nouveau une heure. Stériliser des pots et les remplir du ketchup encore chaud. J’avais gardé plusieurs mois la cuvée précédente.

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les couleurs de l’automne : ketchup jaune avec petits légumes pleins d’anti-oxydants et 5 kg de tomates cerise à mettre en pots…

Comme a dit mon fils de 6 ans en goûtant mon ketchup jaune : « c’est bion, félicitations! »

 

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