On m’a dit un jour que vendre mes légumes bio dans un supermarché pourrait permettre à ses clients de découvrir de vrais et bons produits et leur ouvrir ainsi de nouvelles perspectives. Peut-être… Mais si l’idée est louable, les arguments contraires sont à mes yeux trop nombreux pour me laisser tenter…

  • Le supermarché : ce temple de la surconsommation est construit dans une zone commerciale a l’extérieur des villes. Il a fait fermer tous les petits commerçants du centre-ville, a condamné des surfaces agricoles et a transformé notre beau pays en « France moche » (un peu de lecture par ici) avec son lot d’entrepôts, de ronds-points et de voitures en tous sens.
  • La grande distribution s’en tape royalement du bio. C’est un créneau de vente et de marketing comme les autres. Carrefour ouvre des magasins spécialisés « bio » après avoir hésité avec le créneau « hallal ». On sait que ce sont des produits bio les moins chers possible venant de l’autre bout du monde s’il le faut, idéalement là où on est moins regardant sur le cahier des charges.
  • La grande distribution se moque éperdument de l’écologie en général : combien de tonnes d’emballages qui en viennent remplissent nos poubelles puis nos incinérateurs  chaque jour ?
  • La grande distribution se fout comme de l’an 40 de ce qui fait un bon aliment : le goût, les nutriments, la juste rémunération pour son producteur. Les légumes qui y sont vendus ont été trafiqués génétiquement pour tenir longtemps dans les frigos, les camions et les étals. Au détriment donc du goût et de notre santé. Pour bien comprendre, jetez un œil à cet extrait d’un documentaire sur vimeo  qui parle de la comparaison nutritive entre des tomates issues de semences paysannes et de semences hybrides F1.
  • La grande distribution s’en tamponne le coquillard, des producteurs locaux : la vente de leurs produits ne représente qu’un faible pourcentage mais quelle pub à moindre coût ! Elle s’en bat l’œil aussi, contrairement à ce qu’elle dit, de notre pouvoir d’achat, car elle n’a qu’une idée en tête : nous piquer le plus d’argent possible – à ses clients en leur vendant des produits de mauvaise qualité, à ses fournisseurs en mettant la pression sur leurs prix, à tout le monde, quoi.

Bon. Difficile aujourd’hui de se passer du supermarché, hein ? Moi aussi, j’y fais une partie de mes courses, évitant soigneusement les produits suremballés et (presque toujours) la malbouffe. Et je pense que nos légumes et nos fruits n’ont aucun intérêt à y faire un tour, nous y perdrions notre âme… N’est-ce pas un plus bel objectif que de nous en faire sortir ? De nous faire reprendre contact avec la réalité car sous les néons, cette profusion de biens est un mirage. Révoltons-nous braves gens, virevoltons et utilisons pour de vrai notre vrai pouvoir d’achat pour faire vivre nos paysans et nos artisans.

 

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