Radis : une racine qui se mange et peut devenir piquante si elle manque d’eau. De la famille des crucifères, elle a comme ennemi l’altise, la mouche du chou, la piéride et Jaques Attali (voir article précédent).

Kale : chou non pommé. On mange les feuilles. Mêmes ennemis que le radis. Très ancien (proche du chou sauvage) et très à la mode. Comme quoi, on peut être vieux et branché.

Radis-kale : ce dit d’une personne qui ne peut se contenter d’être un consommateur infantilisé et qui, malgré les mauvaises nouvelles quotidiennes, tente très modestement de faire quelque chose qui va dans le sens de la survie de l’espèce humaine, malgré les contradictions et les compromissions car il n’est pas facile de renoncer à son petit confort matériel et intellectuel.

De la difficulté d’être radis-kale : accepter de vivre un certain isolement car on vous reprochera votre extrémisme, d’être rabat-joie, un empêcheur de consommer en rond. Empreint de ce sentiment d’urgence, d’absolue nécessité d’arrêter de donner n’importe quoi à manger à vos enfants et de remplir vos poubelles d’emballages inutiles et polluants, vous voudriez le faire comprendre autour de vous. Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il vous trouvera moralisateur, vous enjoindra d’arrêter d’être négatif. Mais l’extrémiste dangereux n’est-il pas plutôt celui qui dégaine des lingettes à tout bout de champ et donne du Nutella à ses enfants ?

De la joie d’être radis-kale : fabriquer son dentifrice et ne plus donner son argent à Unilever.

Après la mascarade du grenelle de l’environnement, l’enfumage de l’accord de Paris sur le climat, voilà l’arnaque des EGA, Etats généraux sur l’alimentation. Ou comment continuer de se faire complètement empapaouter par des vendus aux lobbies chimiques et industriels. Après les 11 vaccins obligatoires, petit cadeau de remerciements de ces messieurs à Sanofi, la réintroduction d’insecticide meurtrier pour les abeilles (merci Bayer et consorts), la fin des aides bio (merci à la FNSEA)… Effets d’annonce et rétractations histoire de noyer le poisson, tant qu’il existe.

Et pendant ce temps sur Terre, c’est l’alarme : disparition massive des animaux et destruction de leurs biotopes, accélération du réchauffement climatique, sécheresse en France. Le 2 août, nous avions consommé ce que la Terre peut nous fournir pour une année, depuis nous vivons à crédit. Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis. Au marché jeudi, un client, prof à la retraite, me parle de ses élèves qui après quelques séances d’éveil à l’écologie, voulaient crever les pneus des 4×4. Qu’attend-on pour nous révolter devant tant d’immobilisme et d’enfantillages de nos dirigeants au lieu de nous regarder le nombril et de penser à nos congés payés ? Nos enfants nous accuseront-ils de ne pas avoir été suffisamment radis-kale ?!

A demain, pour des nouvelles moins énervées de mon jardin,

fleur

 

 

 

 

 

 

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