Il me faudrait 3 journées en 1 pour réaliser tout ce que j’ai prévu de faire avant le 30 juin. Il ne m’a donc pas été trop difficile de suivre de très loin nos élections où l’écologie était à peu près absente des débats. L’espèce humaine est tout bonnement en train de détruire les conditions de sa survie : il ne s’agit pas simplement de discutailler énergies renouvelables ou gestes éco-citoyens. On aura bien pourri le reste de la planète mais après notre disparition, elle s’en remettra. Jacques Attali a dit un truc à peu près comme ça : » Nous n’avons pas besoin de racines, nous ne sommes pas des radis », non sans un certain mépris pour ces pauvres franchouillards qui ne veulent pas saisir les merveilleuses opportunités de la mondialisation.

Bah si. Moi, non seulement je suis un radis, mais un radis mutant : je suis radis-kale. J’ai plaqué mon ancienne vie hors-sol pour venir m’enraciner ici. Franchement, il y a du boulot pour créer du lien, être fier de vivre ici plutôt qu’ailleurs, avoir des projets communs etc. Pas besoin de partir à l’autre bout du monde en expédition humanitaire. A 300 km de Paris, tout un maillage social, local est à reconstruire, tué par la grande distribution, les écrans et le reste. Remontons nos manches et semons.

J’ai reçu l’aide performante et joyeuse de trois grands gaillards pour continuer le 2è tunnel. Il a fallu une benne pour aller jeter les bouteilles car ils avaient une soif de titan. Mais franchement, ils ont assuré. Les fils – des heures de travail – sont posés : du polyestère plutôt que des fils de métal, bien plus faciles à manier. Tant pis, si je ne récupère pas celui du chantier de démontage : les petites économies font parfois perdre du temps. Pas besoin de tendeur, seuls les crochets vont tendre les fils, le but étant d’éviter les poches d’eau de pluie. Ne pas lésiner sur le nombre  à poser en haut, qu’ils soient bien serrés.

 

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Merci à Charlotte et Jean-Christophe pour ce magnifique cadeau  – improbable chapeau – qui sert aujourd’hui à protéger ma jolie pompe du soleil et de la pluie !

Le chantier d’irrigation est une souffrance, incompréhension et doute, allers-retours chez le fournisseur pour changer des pièces. L’irrigation est un facteur de réussite primordial pour le maraîcher mais j’ai un mal fou à m’y retrouver. Ajoutez à cela des déconvenues : les tuyaux posés qui partent en geyser à l’allumage de la pompe, un fil qui grille dans le tableau électrique le vendredi soir au moment où tout est fini m’obligeant à faire dépanner d’urgence le samedi matin… Beaucoup d’éléments des serres ou de l’irrigation sont de la récup’ et j’en vois les limites : problème d’adaptation, usure, besoin de racheter des pièces intermédiaires… Cela a un coût.

 

 

 

 

 

Je peux enfin arroser dans le tunnel d’été mais il reste à monter les supports de culture et l’irrigation plein champ. Beaucoup d’heures que je passe à l’aménagement alors que je n’ai pas fini de planter les pommes de terre, que les céleris ne demandent qu’à être repiqués, que je dois préparer les planches pour les carottes, poireaux, choux, courges. Aaaaaaaaaaaah.

Les enfants en week-end, ça peut servir…

Le 12 mai, on a pu faire le semis de l’engrais vert avec un vieux semoir à céréales Nodet sur la parcelle  de 3 ha restée nue tout l’hiver : un mélange de sorgho fourrager (16kg/ha), trèfle d’Alexandrie (8kg/ha), trèfle squarosum (10kg/ha) semé en un passage puis rappuyé au rouleau. Un peu de pluie permettra aux semences de lever rapidement. Quand le sorgho arrivera aux genoux, il sera bien de le broyer un peu haut pour laisser le trèfle pousser. Devra suivre un semis d’automne féveroles-avoine- vesce.

Le contrôleur de l’organisme de certification est passé. Une matinée pour faire le tour du jardin, pointer les factures et les points de vigilance (cohabitation avec mon beau-père en agriculture conventionnelle, etc.). J’ai obtenu une dérogation de conversion pour le jardin en friche : j’y ai planté courges et salades pour la Biocoop de Mazé qui est preneuse.

Le 19 mai, un voisin est venu passer un coup de vibroculteur sur les planches prévues pour les dernières pommes de terre que nous avons plantées grâce à sa planteuse 2 rangs… en une demi-heure. J’ai décidé de les mettre à fleur de terre puis de pailler en 2 fois. Je crains un résultat mitigé : pailler nécessite d’avoir bien cassé l’engrais vert qui a tendance à traverser. L’idée de la paille est de limiter le désherbage, pas de le rendre encore plus galère… Soit j’occulte bien, avant la paille mais cela ne me laisse pas le temps de mettre un engrais vert sur une bonne durée, soit je détruis et incorpore l’engrais vert et cela nécessite un outil de travail du sol… Ce qui n’est pas forcément ce que je recherche.

29 mai. Mon article n’est toujours pas posté. Le temps m’a manqué la semaine dernière, beaucoup de travail sous un soleil de plomb, avec l’aide de Raphaële. J’aurais voulu donner plus de détails mais tant pis. Grâce aux 30 mm de pluie, le sorgho se porte à merveille. Une partie des courges est plantée. L’irrigation plein champ fonctionne à peu près, pas le choix quand il fait 30°C. Dans le tunnel, les fils des supports de culture sont posés, les tomates et concombres attachés, une bonne partie paillée. J’ai opté pour un fil de jute que je couperai en fin de culture. Je conduis les concombres comme les tomates : enroulés sur un fil, j’enlève les premières fleurs et tous les drageons. Les premiers concombres ne vont pas tarder. Les oignons sont toujours à désherber…

Une armée de larves de coccinelles pullule dans mon tunnel. Un de mes pieds de concombre couvert de pucerons a été nettoyé en 48h. Héroïnes des temps modernes.

 

 

 

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