Semaine importante et attendue avec la pose de la bâche du deuxième tunnel organisée aterrassementvec des élèves d’un centre de formation agricole. La météo est avec moi depuis plusieurs jours, je savoure. Un peu de vent annoncé, histoire de faire stresser un peu ; quelques km/h de trop et le chantier est annulé (réalisable autour de 10km/h)
Il fallait tout d’abord finir de reboucher les tranchées et les drains. Boulot éreintant que je n’aurais jamais pu réaliser seule. Merci à Nathalie, Cécile, Etienne et Bernard. Ils ont pelleté, bêché, terrassé dans une bonne humeur sans faille tout en refaisant le monde. Sous une fine croûte sèche, la terre est encore collante et lourde mais à 5, on avance vite. Quelle chance d’être aidée!

 

carnage
carnage…

La journée avait pourtant mal commencé. Ma table de semis que je croyais inattaquable a été victime d’un horrible carnage : un rongeur non-identifié y a pénétré et croqué tout ce qui était encore en graine : les petits pois à peine sortis et surtout, décortiqués consciencieusement un à un, tomates, aubergines et poivrons semés la veille, ainsi que ceux qui avaient juste levé des semis précédents. Le pire, c’est que j’hébergeais aussi celles de mon voisin d’espace-test qui a ainsi perdu l’intégralité de ses graines d’aubergines et de poivrons. Je suis dépitée. Et puis, il faut trouver la faille, tout est entouré de plastique ! Hypothèse probable : ce sont les fils de la nappe que j’ai accrochés au pied de la table qui lui servent d’ascenseur. Cela faisait bien 3 semaines que c’était ainsi, je ne me suis pas méfiée et une souris plus persévérante que les autres a fini par trouver la voie ! Les fils ont donc été fixés en hauteur et depuis plus rien. Mais ce soir, j’ai remis semis de tomates, aubergines et poivrons (jour fruit aujourd’hui dans le calendrier lunaire)… Je verrai demain matin…

Lundi, on a fini le terrassement vers 15h, on tente un petit coup de motoculteur dans la serre 1. On s’agenouille plus d’une fois pour remettre la courroie qui saute. Puis elle chauffe et fume, stop. Chantier remis à plus tard. Mais cela me permet de préparer quelques mètres supplémentaires pour transplanter mes navets botte (plat de Milan).

Les carottes ont levé. Mais pas que… Il faut dire que je n’ai fait aucun faux semis (préparer la planche 2 ou 3 semaines avant la date de semis, laisser les graines indésirables germer et les détruire d’un coup de sarcloir ou autre) faute de temps, ni désherbage thermique faute de matériel (qui s’effectue juste avant la levée des carottes). Il faut que j’essaie de le prévoir pour les carottes de plein champ. Ainsi, si je veux semer mes carottes en jour racine les 11 et 12 avril, je dois préparer ma planche dans les 10 prochains jours… Aïe, un truc en plus. Je le prévois le 28 ou 29. Voilà ce que ça donne pour mes carottes de serre : qui reconnaît les bons des mauvais semis ?

carottes

Mardi 15, le jour tant attendu ! Le chantier se passe à peu près bien. Je ne peux pas dire que je sois entièrement satisfaite : les élèves et leur formateur sont arrivés en retard, on ne prend pas le temps d’expliquer le contexte, le but de ce chantier. Le prof se sent peu concerné, n’a qu’une idée en tête, repartir à l’heure. Les élèves sont sympas et fument des clopes. Intérêt pédagogique assez nul. Quand il faudra tirer la bâche de 46mx11m, nous serons le bon nombre (une dizaine) mais pour le reste, je ne suis pas sûre que la bâche soit bien tendue. Ils repartent avant que les drisses – les cordages que l’on tend sur chaque arceau par-dessus la bâche)- ne soient posées. Heureusement, Bernard et Denise sont là ! Et on finit dans l’après-midi. Mais tout ceci saura-t-il résisté aux terribles vents de cette campagne sans haies ?

Mercredi et vendredi, Bernard et Denise, courageusement et très gentiment, reviennent pour poser les portes à enroulement. Franchement, sans eux, je serai encore à regarder les différents morceaux d’un air bête. Difficile de tout décrire mais je pourrais toujours faire part de mon expérience à quiconque me le demandera par le formulaire de contact. Ce ne sera pas forcément le même modèle mais si je peux aider ?! Il faut maintenant espérer qu’il n’y ait pas de gros coup de vent avant que tout sèche bien : les pieds sont enterrés dans de la terre humide et ne résisteraient pas. Tout partirait d’un coup. Mercredi matin, j’ai le temps de préparer une demi-planche et de planter mes bulbilles d’oignons; ça me change du chantier tunnel.

mes_tunnels

Je suis vraiment fière (et reconnaissante à tous ceux qui m’ont aidée) de voir ces tunnels, malgré les petits défauts de pose. Et dire que je recommence dans moins d’un an pour mon installation. Pfff.

Jeudi : jour de stage. Et joie, pas de récolte de poireaux mais greffage de pommiers, semis de tomates, préparation de décoction de prêle. Il faut 200g de prêle sèche dans 10l d’eau de pluie, porter à ébullition puis 30 minutes à feux doux. Compter 10l de décoction/ha délayée à 10% dans de l’eau de pluie (pour les légumes). Le maraîcher compte l’épandre sur la totalité de son terrain afin d’apporter de la silice qui renforce la résistance des plantes. Le sol doit être en-dessous de 12°C (vie du sol encore endormie), la prêle apporte du « chaud et sec » (extraits de mes notes prises de lors de ma formation avec Eric Petiot sur le soin des plantes par les plantes). Je repars avec des graines de tomates aux noms incroyables et après des échanges enrichissants. Et aussi quelques piments maruga scorpion bien fermés dans un bocal : ce week-end, j’en ai fait une macération. J’en ai mis dans le trou de plantation de mes fèves sur le rang de gauche et des poils de chien rattier dans celui du rang de droite : donnés par la directrice de l’école car ils font fuir les taupes. Cela marchera -t-il sur l’affreux mulot qui se tape patiemment et méticuleusement mes plants (préalablement poussés dans la cuisine!) ? Si ça fonctionne, c’est bien mais plus facile à faire dans son jardin le dimanche que pour un maraîcher…

J’ai reçu une information de formation courte au BPREA  (brevet de responsable d’exploitation agricole) : avis à ceux qui ont envie de devenir paysan en agriculture bio : http://lesavoirfaire.fr en partenariat avec le centre de formation de Montsorot (dans le Jura !)

Il reste beaucoup de finitions sur mes tunnels mais le plus gros est fait. Il faut passer maintenant à la question de l’irrigation… A suivre !

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